Athènes, 09/01/2014 (Agence Europe) - Le ministre grec responsable de l'ordre public et de la protection des citoyens, Nikolaos-Georgios Dendias, a appelé, jeudi 9 janvier à Athènes, les États membres de l'UE à faire preuve de davantage de solidarité concernant les demandeurs d'asile et les immigrés qui ne peuvent retourner dans leur pays.
« La présidence grecque n'examine pas la question sous un angle nord/sud. Il est important de se mettre d'accord sur des mesures pour prouver que c'est un partenariat d'États qui doivent être solidaires entre eux », a-t-il expliqué devant la presse. Il a mis en avant l'importance d'une « clause de répartition », d'un mécanisme permanent de répartition des charges entre les pays, que ce soit sur la question de l'asile ou celle des immigrés des pays tiers qui ne peuvent rentrer dans leur pays. « Le renforcement du système commun d'asile peut être accompli s'il y a un partage des charges juste sur la gestion des flux et la sûreté des frontières », a-t-il précisé. Tout en soulignant que les critères pour cette répartition sont « ouverts à tout débat », il a proposé le PIB (produit intérieur brut), les populations et la superficie des États membres ou encore la capacité des États membres à accepter des immigrés.
Mais le ministre sait déjà que la question est loin d'être tranchée et que les discussions vont être tendues. « Nous ne pouvons pas être optimistes sur la question », a-t-il concédé, précisant que certains États membres sont opposés au principe de répartition ou à l'amélioration du règlement Dublin 2 (un règlement considéré comme injuste par Nikolaos-Georgios Dendias). Or, le temps presse selon lui car, au printemps, avec des conditions météorologiques plus favorables, l'afflux d'immigrés pourrait s'amplifier.
Entre le 1er août 2012 et le 31 décembre 2013, les gardes-côtes grecs ont arrêté plus de 150 trafiquants d'êtres humains et sauvé plus de 3 200 immigrés. « Nous devons améliorer le fonctionnement d'Eurosur pour voir comment résoudre les problèmes techniques qui se posent », a souligné le ministre de la Politique maritime, Miltiadis Varvitsiotis.
M. Dendias a rappelé que le programme de Stockholm se termine en 2014 et espère obtenir en juin 2014 un accord sur la suite du programme, un accord qui serait fondé, selon lui, sur la proportionnalité et la solidarité. Le ministre compte aussi oeuvrer pour l'augmentation des fonds européens pour la rétention des flux migratoires et le renforcement de la politique européenne de refoulement. Il a également mis en avant l'élaboration d'une politique d'intervention précoce, le renforcement de la lutte contre la traite des êtres humains et la protection des frontières avec les pays tiers de transit et d'origine des migrants.
Ces deux ministres ainsi que le ministre grec de l'Intérieur, Yiannis Michelakis, ont rappelé que si le but est de réduire l'immigration illégale, la présidence souhaite aussi faciliter l'immigration légale pour contribuer à la croissance économique dans l'UE, « selon les besoins du marché ». (CG)