Fiscalité des sociétés dans le monde, les pays pauvres taxent le plus. Le niveau élevé des taux de l'impôt sur les sociétés et sa complexité encouragent la fraude fiscale. L'État et les entreprises auraient tout à gagner de chercher ensemble à simplifier les régimes fiscaux et à améliorer le recouvrement des recettes. C'est l'une des conclusions de l'étude détaillée sur la fiscalité dans le monde, publiée par la Banque mondiale, avec le concours du cabinet PriceWaterhouseCoopers. « Paying Taxes 2014 » établit un classement entre 175 pays en fonction du degré de facilité de leur régime fiscal, évalué sur la base du montant d'impôts que doit acquitter une entreprise de taille moyenne et du temps qu'elle doit consacrer au respect de la législation fiscale. Outre un encouragement à la fraude fiscale, la complexité de certains systèmes entraîne une quantité de paperasse et produit un impact négatif sur l'environnement. Ainsi, la déclaration de revenus annuelle d'une entreprise comprend en moyenne 35 pages (cela va de 17 pages en Australie à… 175 pages au Cameroun) et la quantité de papier imprimé que cela représente au total équivaut à 100 000 arbres, souligne le rapport, même en tenant compte des pays où la déclaration peut être remplie sous format électronique. Autre constat: contrairement aux idées reçues, ce sont surtout les pays pauvres qui ont des régimes compliqués et une fiscalité plus lourde que les pays riches. En outre, les pays pauvres ont tendance à faire payer aux entreprises un plus grand nombre d'impôts en dehors de celui sur les bénéfices. Les pays nordiques, en revanche, ont des taux d'imposition assez faibles et des procédures faciles à suivre. Ils se situent en haut du classement établi par la Banque mondiale sur les pays dotés de régimes fiscaux les plus faciles à respecter. Parmi les 20 premiers figurent des paradis fiscaux tels que les Maldives et Sainte-Lucie, de gros producteurs de pétrole comme l'Arabie Saoudite, Oman et les Émirats arabes unis, mais aussi des pays auxquels on s'attend moins comme l'Irlande, Singapour, la Suisse, la Nouvelle-Zélande, l'Islande, le Danemark et la Norvège. Parmi les 20 pays les moins bien classés figurent la Bolivie, le Venezuela, la Chine, l'Algérie, la République du Congo, la République centrafricaine, la Colombie, la Mauritanie, l'Ukraine et le Belarus. Globalement, l'Afrique et l'Amérique du Sud affichent les taux de prélèvement les plus élevés, dépassant les 52% en moyenne. Les moyennes régionales les plus basses sont constatées au Moyen-Orient, où le taux est inférieur de près de 20 points de pourcentage à la moyenne mondiale, et en Asie-Pacifique. En Europe, c'est le Luxembourg qui exerce la pression fiscale la moins lourde sur les entreprises avec un taux d'imposition total de 20,7% (impôt sur le résultat commercial, charges sociales et autres charges comprises). À l'autre bout du classement figure l'Italie avec un taux d'imposition total de 65,8%. Parmi les pays qui exercent le taux d'imposition le plus faible on trouve Chypre (22,5%), l'Irlande (25,7%) et le Danemark (27%). Au contraire, la France exerce une pression fiscale forte sur les entreprises avec un taux de 64,7%. Elle se situe juste avant l'Italie et est elle-même précédée par l'Espagne (58,6%), et la Belgique (57,5%). (IL)