Bruxelles, 27/11/2013 (Agence Europe) - Les députés européens ont dressé une liste de vingt-neuf questions relatives au travail de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) dans les pays sous assistance financière: la Grèce, l'Irlande, le Portugal et Chypre. Ces questions ont été envoyées vendredi dernier aux différentes parties prenantes qui ont trois semaines pour y répondre. Le rapport doit en principe être déposé le 17 décembre prochain et se basera sur les réponses des dix-huit destinataires.
Le Parlement européen avait prévenu, il veut des réponses sur le travail de la 'troïka' qu'il considère opaque et manquant de légitimité démocratique. L'Autrichien Othmar Karas (PPE), co-rapporteur, a insisté mercredi matin sur le fait qu'il n'était pas question de faire le procès de qui que ce soit. « Avec ce rapport, nous voulons présenter des propositions concrètes pour augmenter la transparence, la légitimité démocratique et le contrôle du Parlement sur la 'troïka' dans le futur », a-t-il déclaré. Les vingt-neuf questions ont été envoyées aux dirigeants des trois institutions de la 'troïka', aux présidents de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ainsi qu'au commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn. Neuf questions, principalement tirées de cette liste, ont été envoyées à tous les chefs de gouvernement, ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales actuels des pays concernés. En tout, cela fait dix-huit personnes. La commission économique du PE, qui pilote l'enquête, entend également mener des auditions publiques, mais, timing serré oblige, il n'est pas encore clair si les missions sur place auront bien lieu. Aux auditions publiques pourraient être invités Jean-Claude Juncker, prédécesseur de Jeroen Dijsselbloem, ainsi que certains protagonistes qui étaient en fonction à l'époque des négociations sur le bouclage des plans d'aide.
La liste de vingt-neuf questions qui s'adresse au trio institutionnel, dont EUROPE a eu copie, concerne, d'une part, la conception et l'adoption des programmes d'ajustement économique et, d'autre part, le fonctionnement desdits programmes. L'éventail est large: quel était le rôle de chacune des institutions, quelle était la méthodologie utilisée pour les projections de la dette publique, quelle était la marge de manoeuvre des États dans la décision des mesures nécessaires, à qui appartenait la décision finale sur ces mesures, quelle était l'implication de l'Eurogroupe, y a-t-il eu des cas où certaines mesures adoptées allaient à l'encontre de certaines lois en vigueur, quel est l'impact de l'entrée en vigueur en mai dernier du règlement relatif au renforcement de la surveillance budgétaire … Aux autorités nationales, il est notamment demandé de décrire la qualité de la coopération avec la 'troïka'. Un vote en plénière sur ce rapport est espéré en mars. (EL)