Bruxelles, 19/11/2013 (Agence Europe) - Alors que le commissaire Stefan Füle est en Ukraine et que les Européens appellent à des progrès, l'examen du projet de loi permettant le transfert à l'étranger des prisonniers, dont l'ancien Premier ministre, Ioulia Timochenko, n'aura lieu que le jeudi 21 novembre au parlement ukrainien. « Jeudi, nous commencerons par l'examen des lois en vue de l'intégration européenne », a indiqué, le 19 novembre, le président de la Rada, Volodymyr Rybak, précisant qu'il s'agissait notamment des « soins à l'étranger pour les détenus ». Le parlement devrait aussi voter en deuxième lecture les lois électorale et sur le bureau du procureur général.
L'UE, elle, maintient la pression (EUROPE 10965). Une source française proche des discussions a expliqué que « chacun a conscience de l'importance géostratégique d'arrimer l'Ukraine (…) mais il ne faut pas le faire à n'importe quel prix ». « Il faut avoir des éléments tangibles sur la justice sélective, la gouvernance démocratique. Il faut des réformes (…) des signes suffisamment forts avant Vilnius », a-t-elle expliqué.
Cette source a rappelé que l'accord d'association doit être ratifié par le parlement de chaque État membre et il faudra des arguments pour dire dans quelles conditions il a été signé. De même, la vice-présidente du Parlement européen, Rebecca Harms, a précisé que si le transfert de Mme Timochenko en Allemagne n'est pas possible « le PE aura la plus grande difficulté à donner son feu vert pour l'accord d'association ». « J'imagine mal qu'un président, un gouvernement et une majorité parlementaire soient en mesure de rester immobiles pour des raisons irrationnelles, une soif de vengeance », a-t-elle ajouté.
Pour le président du groupe S&D au PE, Hannes Swoboda, il est nécessaire de signer l'accord et d'utiliser le temps de la ratification pour continuer à discuter avec l'Ukraine. Il serait « décevant de ne pas amorcer ce processus de ratification. Il faut signer et pendant le processus de ratification il y a encore beaucoup de marges de discussion pour améliorer le système judiciaire et autres », a-t-il expliqué. Pour M. Swoboda, « si on perd l'Ukraine (…) il y aura un effet domino négatif ». « Ce serait un désastre stratégique si l'UE devait jeter en pâture à la Russie l'Ukraine et les autres pays », a-t-il ajouté.
Pour la Russie, l'UE exerce une pression « impardonnable » sur les pays du Partenariat oriental. « Si l'on compare notre attitude loyale (…) à ce que font certains représentants de l'UE, on ne manquera sans doute pas de constater que, justement de leur côté, une pression plutôt impudente est exercée sur un État bien concret », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov. Selon lui, les Européens disent « vous devez faire votre choix, mais un choix en faveur de l'UE, sinon vous serez perdants ». (CG)