Strasbourg, 19/11/2013 (Agence Europe) - Le Parlement européen a donné son aval pour que le budget européen finance des grands projets d'infrastructures à hauteur de 30 milliards d'euros lors des sept prochaines années grâce à un nouvel instrument financier, le Mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe (MIE).
Dans la foulée du vote sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020, les eurodéputés ont approuvé (583 voix pour, 91 contre et 17 abstentions) l'enveloppe qui servira principalement à financer les jonctions transfrontalières des réseaux d'énergie (5,12 milliards), de télécoms (1 milliard) et de transport (23,17 milliards).
Les lignes directrices pour l'affectation de ces fonds au développement du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) ont également été adoptées (546 voix pour, 104 contre, 41 abstentions).
C'est précisément 29,3 milliards d'euros (en prix courant 2011) qui seront pour la première fois mis dans un pot commun pour les infrastructures en Europe, sous un seul et même instrument financier. La priorité sera donnée à des investissements ayant une valeur ajoutée européenne, notamment pour leurs intérêts transfrontaliers ou leur capacité à évacuer les goulets d'étranglement. « Cela peut révolutionner les choses », a expliqué Adina Ioana Valean (ADLE, roumaine), rapporteur sur le financement de réseaux de l'énergie et de télécommunications. Selon lui, l'instrument pour l'interconnexion peut « multiplier les fonds disponibles à l'origine ».
Le transport se taille la part du lion: l'enveloppe disponible en 2014-2020 pour ces infrastructures est presque multipliée par trois comparé à la période de programmation actuelle qui se termine (2007-2013). Ceci s'explique par le fait que près de 10 milliards proviennent du Fonds de cohésion. Ces montants resteront à disposition des États membres de la cohésion et ils pourront encore en bénéficier par enveloppe nationale jusque 2016. Les projets de transport financés par les fonds de cohésion dans le MIE bénéficieront d'un taux de cofinancement de 85%.
Le PE a adopté le même jour les orientations pour le développement du RTE-T. Ces lignes directrices prévoient d'établir un réseau central d'ici 2013, constitué de 9 corridors multimodaux couvrant au moins deux sections transfrontalières d'ici 2030, et un réseau central connectant le reste de l'Europe au réseau central d'ici 2050. Ces orientations primeront pour la sélection des projets de transport qui seront financés par le MIE. Une liste de projets prioritaires est déjà reprise en annexe. Avec de telles bases, le co-rapporteur sur le dossier, Ismail Ertug (S&D, allemand), s'est félicité qu'une « véritable approche européenne pour le financement et le développement des transports » sera de mise, « au lieu de l'éventail actuel d'approches nationales ». (MD)