Bruxelles, 25/10/2013 (Agence Europe) - Le Conseil européen a réaffirmé, vendredi 25 octobre à Bruxelles, que l'Union européenne est « déterminée », d'une part, à signer l'accord d'association avec l'Ukraine lors du sommet du Partenariat oriental (Vilnius, les 28 et 29 novembre), y compris la partie relative à la zone de libre-échange approfondi et complet, « pour autant qu'une action résolue soit menée et que des progrès tangibles soient observés dans le sens des conclusions du Conseil du 10 décembre 2012 » (EUROPE 10748). D'autre part, l'UE est prête à lancer l'application provisoire de cet accord d'association.
« Nous respecterons nos engagements si l'Ukraine respecte les siens », a souligné le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a précisé que « tout le monde a présenté un 'optimisme difficile' » concernant l'Ukraine.
Destin de Timochenko
« Nous demandons instamment aux autorités de Kiev de trouver une solution avec la mission (du Parlement européen des présidents Cox et Kwasniewski), c'est la meilleure façon de régler le problème et de rendre possible la signature de l'accord d'association », a expliqué le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. « Chacun sait pertinemment ce qu'il doit faire, la bonne procédure est de coopérer avec la mission et ainsi des résultats concrets permettront d'aboutir à la signature de l'accord d'association », a-t-il ajouté.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a souligné que les chefs d'État et de gouvernement ont réitéré leurs attentes « pas seulement en ce qui concerne le cas de (l'ancien Premier ministre) Ioulia Timochenko mais également sur les changements juridiques requis ». « Il y a des progrès dans toute une série de domaines dont l'état de droit et la justice élective. L'Ukraine doit trouver une solution à l'affaire Timochenko », a précisé M. Barroso. « Si l'Ukraine respecte un certain nombre de principes et de conditions, notamment les droits de l'homme et le cas Timochenko, alors il peut y avoir un accord d'association dans un délai rapide », a expliqué le président français, François Hollande. La question de savoir si le transfert de Mme Timochenko à l'étranger pour se faire soigner est suffisant ou si elle doit être graciée ne semble toujours pas avoir été abordée côté européen.
M. Tusk s'est lui montré plus sévère. « La manière de faire des autorités ukrainiennes (dans l'affaire Timochenko) est jusque-là loin d'être satisfaisante (…) Nous avons parfois l'impression qu'ils jouent pour gagner du temps », a-t-il souligné. « Si les autorités ukrainiennes ne comprennent pas que cette affaire doit être clairement résolue, avec l'accord de Iulia Timochenko, alors de telles manoeuvres dilatoires ne peuvent que provoquer des conséquences négatives », a-t-il poursuivi tout en ajoutant ne pas être « en position de définir à quoi une telle solution devrait ressembler ».
Parapher avec la Moldavie et la Géorgie
Dans leurs conclusions, les chefs d'État et de gouvernement ont aussi souligné que l'UE est prête à parapher les accords d'association, assortis d'une zone de libre-échange approfondi et complet, avec la République de Moldavie et la Géorgie, également lors du sommet de Vilnius, « dans le but de procéder à la signature d'ici l'automne 2014 ».
Dans ses conclusions, le Conseil européen insiste aussi sur « l'importance que revêt le Partenariat oriental pour construire un espace commun de démocratie, de prospérité et de stabilité sur tout le continent européen ». Pour M. Barroso, « nous sommes près d'atteindre notre objectif commun d'association politique et d'intégration économique avec nos partenaires orientaux ». Mais M. Hollande a bien souligné que la vocation de ces pays n'est pas de devenir membres de l'UE. « Je suis très attaché à ce que nous puissions tout faire pour que l'Europe regarde au delà d'elle-même. Il y a des pays qui n'ont pas vocation à entrer dans l'UE mais qui doivent y être associés à certaines conditions », a-t-il ajouté, précisant qu'il se rendra au sommet. Pour M. Barroso, le sommet de Vilnius est « potentiellement un événement historique » et « je pèse mes mots ». (CG, avec JK et AN)