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Bulletin Quotidien Europe N° 10951
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) jai

Martin Schulz plaide en faveur d'une réforme du droit d'asile

Bruxelles, 25/10/2013 (Agence Europe) - Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a appelé, jeudi 24 octobre, à une réforme de la politique d'asile en Europe pour alléger le fardeau des pays d'arrivée.

Le drame de Lampedusa illustre une politique européenne à l'égard des réfugiés qui fait de la Méditerranée un cimetière, a déclaré M. Schulz devant les membres du Conseil européen.

Plus de 20 000 migrants ont perdu la vie en tentant d'atteindre les côtes européennes. « La tragédie de Lampedusa doit marquer un tournant dans l'histoire de la politique européenne à l'égard des réfugiés ». Il demande de mobiliser une aide humanitaire d'urgence pour porter secours aux victimes et estime que Lampedusa met tout en oeuvre pour venir en aide à ces personnes, mais elle ne peut le faire seule. Accueillir 10 000 réfugiés sur une île comme Lampedusa, qui compte 6 000 habitants, c'est une mission impossible. « En revanche, accueillir 10 000 réfugiés dans 28 États membres où vivent 507 millions d'Européens, c'est une tâche à notre portée », selon lui. Pour aider les États membres méditerranéens à accueillir les réfugiés et assurer une répartition équitable entre les États membres, « nous devons faire preuve de solidarité européenne ».

Il a recommandé notamment: - de mettre en place un système de sauvetage pour les navires en détresse. À cet égard, le Parlement européen est disposé à conclure un accord avec le Conseil dans les meilleurs délais ; - un financement approprié pour Frontex, alors que le Conseil cherche chaque année à amputer le budget de cette agence ; - la mise en oeuvre des améliorations apportées à la réglementation de l'Union en matière d'asile, qui ont déjà été adoptées et concernent également les camps de réfugiés.

Toutefois, le Parlement européen, comme la Commission, ne cesse de réclamer « une plus grande souplesse » dans le cadre du système de Dublin. « Nous sommes cependant extrêmement déçus que cette demande soit systématiquement ignorée. Nous avions plaidé pour un mécanisme provisoire de suspension qui aurait permis d'interrompre pour une durée limitée les transferts de réfugiés en cas de saturation aiguë des camps d'accueil, du système d'asile ou des infrastructures d'un État membre », explique-t-il. Le système en vigueur, dit Dublin II, oblige les pays où arrivent les migrants à prendre seuls en charge les demandes d'asile et les hébergements. La majorité des États de l'UE ne veulent pas que cette règle soit remise en question. « Bien entendu, l'Europe ne peut ni sauver, ni accueillir tout le monde », a-t-il convenu. « Toutefois, nous sommes le plus riche des continents et, à ce titre, nous pouvons en faire davantage, surtout si nous agissons ensemble, si nous recherchons ensemble des solutions et si nous prenons ensemble nos responsabilités », a-t-il souligné.

Il faut aussi, selon le PE, lutter contre les trafiquants d'êtres humains qui tirent profit de la détresse de leurs semblables et les entassent dans des embarcations de fortune pour une traversée périlleuse qui peut leur coûter la vie. « Trois propositions visant à réglementer l'immigration légale sont déjà examinées dans le cadre de la procédure législative. Il convient de les adopter dans les meilleurs délais », a demandé le président du PE.

NSA. Le scandale de la NSA est un signal d'alarme: après la découverte d'éléments indiquant que les États-Unis ont organisé l'espionnage à grande échelle des ambassadeurs de l'Union, du Parlement européen, des chefs de gouvernement européens et des citoyens, le Parlement européen a réclamé la suspension de l'accord SWIFT. « Nous exigeons que les échanges de données bancaires avec les États-Unis soient pour l'heure suspendus ». Le Parlement européen défendra également les intérêts et les droits fondamentaux des citoyens de l'Union dans le cadre des négociations sur l'accord de partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, a prévenu M. Schulz.

Budget. Le Parlement européen aurait souhaité voter cette semaine sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020. « Malheureusement, la conclusion d'un accord est bloquée sur quelques points fondamentaux, notamment en ce qui concerne la conditionnalité macroéconomique. J'espère que nous pourrons conclure les budgets rectificatifs. Le cri d'alarme lancé par la Commission, qui prévient qu'elle se trouvera en cessation de paiement d'ici à la mi-novembre en l'absence de budget rectificatif, montre que le Parlement a eu raison de pointer du doigt le caractère étriqué des ressources budgétaires ». M. Schulz a rappelé que le Parlement n'a pas ménagé ses efforts pour être en mesure d'adopter un budget rectificatif en trois jours « afin d'éviter cette cessation de paiement ». Toutefois, le PE demande l'adoption des autres budgets rectificatifs encore en suspens pour 2013 et d'un budget 2014 « suffisant, en particulier en ce qui concerne les paiements ». Le Parlement européen « exclut de s'engager sur la pente d'une Union déficitaire. Nous refusons également que les subventions soient réduites et que les citoyens soient ainsi sanctionnés en raison de la politique budgétaire menée par leur gouvernement ». Il espère que « nous pourrons parvenir à un accord constructif au cours des prochains jours. Le Parlement européen s'est montré prêt à faire des compromis en acceptant une réduction des moyens mobilisés pour la prochaine période de financement. C'est maintenant au Conseil d'honorer ses engagements et de faire en sorte que les crédits puissent être affectés rapidement, comme convenu, aux grandes priorités de l'Union ». (LC)

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