Bruxelles, 25/10/2013 (Agence Europe) - Brasilia a préparé à l'intention de ses partenaires du Mercosur une proposition pour présenter une offre d'accès au marché que l'UE attend avec impatience.
Le Conseil national du commerce du gouvernement brésilien (Camex) a approuvé, début octobre, le contenu d'une proposition d'offre brésilienne en matière d'accès au marché à offrir aux Européens dans le cadre des négociations UE/Mercosur. La proposition devait par la suite être soumise aux partenaires du Brésil (l'Argentine, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela) pour préparer une position commune à présenter aux Vingt-huit d'ici fin 2013, expliquait le média uruguayen MercoPress, le 9 octobre.
Le Brésil est confiant qu'un accord de bloc à bloc peut être atteint en 2014 et qu'il pourrait couvrir jusqu'à 90% de ses échanges avec l'UE. Selon son ministre de l'Agriculture, Antonio Andrade, la proposition d'offre d'accès au marché préparée par Brasilia prévoit « un niveau de droits de douane acceptable pour l'UE ». Le Brésil « doit atteindre un consensus » avec les pays partenaires du Mercosur et « nous sommes conscients que l'Argentine est un des éléments les plus délicats », admettait-il.
L'Argentine, surtout soucieuse de protéger son marché intérieur, est la plus réservée du bloc. Le Brésil et l'Uruguay ont envisagé un temps un Mercosur « à deux vitesses » pour négocier avec l'UE, mais Brasilia considère l'Argentine comme un partenaire stratégique et préfère maintenir la cohésion du bloc.
Si l'on admet, côté européen, que le Brésil cherche à débloquer les négociations UE/Mercosur en « envisageant des solutions créatives », comme l'expliquait le commissaire Karel De Gucht, le 18 octobre, l'éventualité d'une accélération des négociations de libre-échange avec le Brésil seul est exclue. C'est ce que confirmait le commissaire Antonio Tajani, en visite au Brésil les 10 et 11 octobre, sans cacher des « débats internes » au sein du Mercosur sur l'utilité de poursuivre les pourparlers avec l'UE.
En marge d'une réunion des ministres européens du Commerce, le 18 octobre, le commissaire De Gucht confirmait lui aussi que cette option n'était pas sur la table et rappelait qu'il attendait toujours une offre des Sud-américains en matière d'accès au marché. « Le fait que nous ayons conclu un accord avec le Canada et que nous négocions avec les États-Unis crée une certaine nervosité dans le bloc Mercosur. Mais il leur appartient de s'organiser, de nous dire dans quel format ils veulent discuter. Les aspects politiques et économiques doivent coïncider et, sur ce plan, c'est à eux de se décider. Nous sommes prêts à discuter avec eux. Ils nous ont demandé de rouvrir les négociations, et nous l'avons fait. Ils ont dit qu'ils présenteraient des offres avant la fin de l'année, nous les attendons avec impatience », a conclu le commissaire.
Les pays du Mercosur s'étaient engagés, fin janvier, à donner un nouveau souffle aux négociations de libre-échange avec l'UE, dans l'impasse depuis leur relance en 2010, en soumettant avant le 1er octobre une offre sur l'accès au marché agricole et industriel (EUROPE 10773). (EH)