Bruxelles, 30/09/2013 (Agence Europe) - La 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) des créanciers de la Grèce a annoncé, dimanche 29 septembre, sa décision d'interrompre sa mission de suivi « pour permettre au travail technique d'être achevé ».
Elle a précisé avoir accompli de « bons progrès » avec les autorités grecques dans le cadre de sa mission et foulera à nouveau le sol grec « dans les semaines à venir », vraisemblablement après l'Eurogroupe du 14 octobre. Entre-temps, Athènes doit notamment boucler le budget 2014 d'ici au 7 octobre.
Une source de l'UE a souligné qu'aucun accord n'avait, pour l'heure, été scellé sur quelque aspect que ce soit quant à la visite des créanciers aux autorités grecques. Certains médias ont toutefois évoqué des positions proches sur l'ampleur de la récession (-4%, selon Reuters) et du déficit primaire pour la même année. De l'évaluation finale des créanciers dépend le versement d'une prochaine tranche qui pourrait s'élever à 3,1 milliards d'euros du FESF pour le dernier trimestre de 2013, selon le calendrier établi en juillet 2013. 1,8 milliard du FMI sont également attendus.
Mais la mission de suivi de la 'troïka' doit également déterminer si les quatre jalons spécifiques au déboursement d'une sous-tranche de 500 millions du FESF ont été mis en œuvre. Ce sera au groupe de travail sur l'euro au Conseil de prendre la décision, sur base des recommandations des trois institutions. En octobre, les banques centrales de l'eurosystème doivent également rétrocéder 500 millions d'euros de profits engendrés dans le cadre du programme 'SMP' de rachat de dette. Cette somme, qui s'ajoute au 1,5 milliard déjà reçu des banques centrales en juillet, ira tout droit sur un compte bloqué qui ne sert qu'à rembourser la dette.
Pour rappel, la mission doit se décliner en quatre phases: évaluer le trou budgétaire pour cette année et l'année prochaine, le trou de financement pour fin 2014 (qui sera abordé à l'Eurogroupe du mois de novembre), celui pour les années 2015 et 2016 (plus tard cette automne) et la viabilité de la dette.
Si ce dernier aspect ne devrait faire l'objet d'une discussion formelle entre les ministres des Finances de la zone euro qu'en avril 2014, quand Eurostat aura dit le dernier mot sur la taille de l'excédent budgétaire primaire du pays, la question du trou de financement du programme grec pour fin 2014 devra être réglée au mois de novembre. La Commission l'estime à 3,8 milliards d'euros, un montant gérable selon les Européens. Reste que les représentants de l'eurozone, qui se sont exprimés sur la question, envisagent d'assortir à cette assistance supplémentaire une nouvelle conditionnalité, comme l'ont dit les présidents de l'Eurogroupe et de la BCE (EUROPE 10915). Or, la Grèce ne l'entend pas de cette oreille. (EL)