Bruxelles, 30/09/2013 (Agence Europe) - Les Européens ont salué, les 27 et 28 septembre, la résolution adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies sur les armes chimiques en Syrie (EUROPE 10931).
La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a souligné que cette résolution « constitue une étape importante vers une réponse internationale durable et unifiée à la crise en Syrie ». « Le Conseil de sécurité a finalement surmonté une longue paralysie et démontré une capacité à agir. La résolution doit maintenant être mise en œuvre en conséquence », a souligné le ministre des Affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, alors que pour son homologue français, Laurent Fabius, « le Conseil de sécurité mérite enfin son nom » avec cette première résolution depuis le début du conflit syrien. « Ce soir (le 27 septembre), la communauté internationale a rempli sa mission », a réagi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, ajoutant qu'il s'agit du « premier signe d'espoir en Syrie depuis longtemps ».
Dans un communiqué, Mme Ashton a expliqué que la décision du Conseil exécutif de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), le 27 septembre, qui a permis le vote du Conseil de sécurité, devrait ouvrir la voie à l'élimination des armes chimiques en Syrie et établir une norme pour la communauté internationale en vue de répondre aux menaces posées par les armes de destruction massive. De plus, « la résolution juridiquement contraignante et opposable condamne les attentats du 21 août, appelle à la responsabilité de ce crime et prévoit une réaction internationale énergique en cas de non-conformité », a souligné Mme Ashton qui a précisé que « l'UE réaffirme sa volonté de soutenir les actions prévues au titre de la résolution et de la décision de l'OIAC ».
Le porte-parole de Mme Ashton, Michael Mann, a précisé que « l'UE est prête à donner une assistance financière et technique » à l'OIAC, précisant qu'il faut d'abord une requête concrète de celle-ci. « On discute entre nous de ce que l'on peut faire », a-t-il expliqué. Le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, a annoncé une contribution initiale de 3 millions de dollars de son pays au Fonds d'affectation OIAC-Syrie et appelé les États en mesure de le faire à fournir des contributions et expertises. « L'Allemagne peut apporter une contribution active à l'expertise et l'expérience », a souligné M. Westerwelle.
Conférence pour la paix mi-novembre
Rappelant qu'il ne faut pas « perdre de vue l'objectif le plus important: mettre fin à la violence et se diriger vers une transition pacifique et démocratique en Syrie », Mme Ashton s'est dite « particulièrement heureuse » que la résolution contienne « une mention très claire de l'accord de Genève conclu le 30 juin 2012 (EUROPE 10646) et appelle à la convocation de la conférence de suivi dès que possible ». Ban Ki-moon a annoncé que la communauté internationale souhaite la tenue de la conférence pour la paix 'Genève 2' mi-novembre. Car la résolution « ne sauvera pas à elle seule la Syrie », a expliqué M. Fabius, demandant une relance du processus politique par le biais de la conférence de paix de Genève 2. Si la résolution est « révolutionnaire », M. Hague a précisé qu'« il est vital que le Conseil construise maintenant sur le consensus auquel nous sommes parvenus pour faire des progrès vers une résolution durable de la crise ».
Mais jusqu'à ce que le processus politique fournisse un résultat « nous devons aussi faire un effort sur la crise humanitaire », a précisé le ministre britannique, expliquant que « dans les prochains jours », « le Conseil doit convenir d'exercer son poids et son autorité pour assurer un accès sans entraves et immédiat aux personnes dans le besoin en Syrie ». Mme Ashton a, elle aussi, souligné l'importance de s'assurer que l'aide humanitaire parvienne aux populations les plus vulnérables et que l'accès soit accordé aux organismes d'aide humanitaire. (CG)