Bruxelles, 24/09/2013 (Agence Europe) - De l'assemblée générale de l'Organisation internationale de l'aviation civile (OACI) qui s'ouvrait mardi 24 septembre à Montréal pour deux semaines, l'UE attend beaucoup pour la contribution future du secteur à la lutte mondiale contre le changement climatique, mais la balle est dans le camp des pays tiers. Siim Kallas, commissaire aux Transports, devait le signifier à l'ouverture de cette réunion cruciale, l'UE ayant déjà pris ses responsabilités en adoptant des mesures difficiles témoignant de sa détermination à parvenir à un accord pour réduire l'empreinte du secteur au niveau global.
C'est à cette assemblée que doit être formellement présenté le projet de compromis débattu début septembre au conseil de l'OACI et qui pourrait ouvrir la voie à un accord mondial sur la réduction des émissions de CO2 du secteur, à finaliser en 2016 pour entrer en vigueur en 2020, comme l'espère l'UE. En contrepartie d'un engagement de tous à Montréal, l'UE est prête à alléger les modalités d'application de sa directive ETS (EUROPE 10915). « Le compromis n'est toutefois pas encore bouclé et scellé dans le marbre, et sa formulation exacte nourrit encore des polémiques. Il nous faut ce compromis minimum pour que notre ETS puisse rester en place », avertissait mardi l'eurodéputé Peter Liese (PPE, Allemagne), rapporteur au Parlement.
Dans une lettre ouverte adressée le même jour au président de l'OACI, Roberto Kobeh Gonzalez, Peter Liese, Matthias Groote (S&D, Allemagne) et Mathieu Grosch (PPE, Belgique) appellent le président de l'OACI à éviter l'écueil d'une demande américaine préconisant un seuil en dessous duquel la plupart des pays, y compris les pays industrialisés, ne seraient pas couverts par un instrument de marché mondial comparable à l'ETS. Ils réitèrent à cette occasion qu'en l'absence d'accord substantiel pour la réduction des émissions de CO2 de l'aviation civile internationale, l'exemption à l'ETS accordée en avril dernier pour un an aux vols intercontinentaux tombera.
Marcin Korolec, ministre de l'Environnement polonais, qui présidera la dix-neuvième conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 19, Varsovie, 11- 22 novembre), espère, quant à lui, qu'un accord sera trouvé. « J'espère que ces négociations n'interféreront pas négativement pendant la COP 19 », confiait-il récemment à la presse à Bruxelles. (AN)