Tunis, 24/09/2013 (Agence Europe) - En visite à Tunis, les 17 et 19 septembre, où il a rencontré les principaux dirigeants des partis politiques d'une Tunisie plongée dans une crise politique aiguë, Bernardino Léon, représentant spécial de Mme Ashton pour la Méditerranée, a tenté un effort de conciliation mais ses efforts semblent peu suivis d'effets puisque peu après sa visite, la situation s'est encore tendue.
L'UE « suit avec la plus grande attention l'évolution de la crise actuelle en Tunisie », avait-il déclaré le 20 septembre. Et il a assuré que l'UE « n'a pas ménagé ses efforts pour recueillir et comprendre les différentes sensibilités des principaux acteurs de la vie politique du pays ».
Quatre organisations de la société civile - le puissant syndicat ouvrier UGTT, celui des chefs d'entreprises, l'UTICA, plus la Ligue tunisienne des droits de l'homme et l'ordre des avocats - avaient pris l'initiative de dégager un consensus pour une sortie rapide de crise, à savoir la chute du gouvernement et son remplacement par une équipe de « compétences », non représentative des partis, devant travailler sur trois axes: la sécurité, l'économie d'urgence et veiller à la bonne tenue des prochaines élections présidentielles et législatives. Si l'opposition démocratique a vite accepté cette « feuille de route », les trois partis au gouvernement, en particulier le mouvement 'islamiste' Ennahdha, jouent sur le temps et assortissent chaque fois leur accord de conditions qui en vident le contenu ou font douter de leurs intentions. Au point que le « quartette » d'intermédiation a dû, samedi, hausser le ton et accuser le parti du Premier ministre de se livrer à des manœuvres inacceptables.
« Dans ce contexte, l'UE a pris connaissance et analysé l'initiative de la société civile en vue de la résolution de la crise politique. Elle paraît bien constituer une proposition raisonnable et à tout le moins une base de dialogue très prometteuse ». L'UE « invite dès lors tous les acteurs de la scène politique du pays à revenir à la table des négociations dans l'esprit le plus constructif et dans la perspective de l'obtention rapide d'un consensus national ».
Pour M. León, « le succès de ce dialogue national marquera bien une étape historique dans la transition démocratique tunisienne à laquelle l'UE ne pourra que réserver l'accueil le plus chaleureux. Le dépassement de cette étape constituera le meilleur gage d'un nouveau renforcement de la coopération entre l'Union européenne et une Tunisie apaisée et déterminée à aller de l'avant. » (FB)