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Bulletin Quotidien Europe N° 10916
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

Des ministres toujours divisés en quête d'une position rapprochée

Vilnius, 06/09/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE étaient réunis à Vilnius, le 6 septembre, pour discuter, entre autres, de la situation en Syrie, alors que les positions semblaient toujours divergentes. Le ministre des Affaires étrangères lituanien, Linas Linkevicius, a été clair: « Nous avons besoin d'une approche plus coordonnée ». « Je suis sûr qu'après la discussion, nous serons capables d'avoir une position plus coordonnée, une vue plus commune car nous devons réagir à ce qui s'est passé », a-t-il expliqué, jugeant inacceptable l'usage d'armes chimiques. Mais la tâche ne devait pas être facile. Avant son arrivée au Gymnich, le Français Laurent Fabius a prévenu que « la question est de savoir s'il peut y avoir une position européenne ou si l'Europe n'est pas capable de prendre une position ». « Cette position, au minimum, doit dire: nous condamnons l'usage d'armes chimiques et nous constatons, avec les preuves qui nous sont apportées, que c'est le régime de Bachar al-Assad qui est l'auteur de ce massacre », a-t-il expliqué à l'AFP, précisant que les choses seront « plus compliquées » quant aux « conséquences à en tirer ».

Dans l'attente du rapport de l'ONU. Une fois à Vilnius, M. Fabius a précisé que le rapport des enquêteurs des Nations unies ne répondra pas à la question de la responsabilité de l'attaque et donc à la façon de punir le régime. « Beaucoup de gens disent: il faut attendre le rapport des inspecteurs, etc. Mais il y a un grand risque d'être déçu car s'ils répondent à une question dont tout le monde connaît la réponse (s'il y a eu ou non une attaque chimique) et pas à la question qui est en litige… Voilà la difficulté », a-t-il expliqué, ne souhaitant pas en dire davantage.

Plusieurs ministres ont exprimé la nécessité d'attendre le rapport des inspecteurs des Nations unies. Expliquant que tout n'est pas encore clair quant à l'attaque du 21 août, l'Allemand Guido Westerwelle a souligné l'importance du rapport de l'ONU. « Ma demande est que nous obtenions aussi vite que possible les résultats de l'équipe d'inspection et puis que nous ayons une déclaration indépendante par une institution indépendante, neutre. Et je pense que c'est important pour de nombreuses autres discussions dans certaines capitales de nos partenaires ».

« Nous attendons toujours le rapport des inspecteurs qui est, je pense, important. Nous voulons voir ce qu'ils ont pu trouver », a expliqué le Suédois Carl Bildt. Selon lui, le rapport « donnera une image bien plus complète » de la situation. Il a précisé concernant les frappes qu' « on n'en est pas encore là ».

D'autres ministres se sont montrés plus sévères. « Il est dramatique pour beaucoup de pays (…) de devoir choisir entre la position de l'Amérique et de la France qui constituent quand même des références en ce qui concerne l'interprétation du droit international d'un côté et, de l'autre côté, les règles fondamentales des Nations unies », a expliqué le ministre luxembourgeois Jean Asselborn. Pour lui, les frappes ne règleront rien. « Il ne faut pas oublier la solution politique avant de frapper parce qu'une fois que l'on aura frappé, la solution politique devient énormément difficile ». « Le problème (...) consiste à ce qu'on a parlé des frappes militaires avant d'avoir parlé d'une solution aux Nations unies », a-t-il ajouté, appelant à ce « qu'on fasse tout pour avoir ce débat au Conseil de sécurité jusqu'à la fin ».

En prélude au Gymnich, les ministres de la Défense ont discuté, jeudi 5 septembre, de l'éventualité et des conséquences d'une intervention militaire contre le régime de Bachar al-Assad. Le Français Jean-Yves Le Drian a longuement expliqué les motivations de son pays sans parvenir à lever toutes les réticences de certains partenaires, comme l'Allemagne, l'Italie ou encore la Belgique, qui continuent de privilégier une solution politique à la crise syrienne et souhaitent attendre le rapport des experts des Nations unies et une nouvelle discussion au Conseil de sécurité. Les ministres de la Défense ont également commencé à préparer le Conseil européen de décembre prochain. Ils ont eu un échange de vues avec le commissaire Michel Barnier sur les propositions contenues dans la communication de la Commission sur le secteur de la défense (plus d'informations dans notre bulletin spécialisé Europe Diplomatie & Défense). (CG avec OJ)

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