Saint-Pétersbourg, 06/09/2013 (Agence Europe) - Préoccupés par la volatilité des marchés des changes, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont décidé, jeudi 5 septembre, de mettre sur pied un fonds de 100 milliards de dollars pour enrayer la chute de la monnaie de certains de leurs membres.
« Le montant du dispositif de réserve sera de 100 milliards de dollars et la Chine assumera la part du lion », a déclaré le vice-ministre chinois des Finances, Zhu Guangyao. Selon le communiqué que les BRICS ont publié, jeudi 5 septembre, à l'issue de leur sommet en marge du celui du G20, la répartition des contributions par pays sera la suivante: China fournira 41 milliards de dollars ; le Brésil, l'Inde et la Russie 18 milliards chacun ; l'Afrique du Sud 5 milliards.
Les BRICS ont également fait état de « progrès » dans la mise sur pied d'une banque de développement dont le capital initial atteindra « 50 milliards de dollars ».
Constatant la lenteur de la reprise économique et le haut niveau de chômage, les cinq pays ont réitéré leur « inquiétude » concernant les effets de contagion indésirables des décisions de politique monétaire des pays développés. Une allusion directe à la décision de la FED américaine de revenir sur ses injections massives de liquidités en raison de la reprise soutenue aux États-Unis. Les BRICS demandent aux Américains de définir des politiques« calibrées avec attention » et de les communiquer « avec précision ».
« Le temps de l'argent facile est graduellement en train d'arriver à son terme. La question est la suivante: à quel rythme ? », a déclaré le ministre russe des Finances, Anton Siluanov, jeudi soir à l'issue de la 1ère journée du sommet du G20. Selon lui, la réduction annoncée des rachats massifs d'obligations américaines par la FED constitue une « bonne approche », même si « une majorité de pays émergents » présents au sommet du G20 veulent « éviter l'excès de volatilité menant à la chute de leur monnaie ».
La politique monétaire américaine, combinée au ralentissement économique dans les pays émergents, à la reprise économique dans les pays développés et à l'incertitude géopolitique liée à la situation en Syrie, a provoqué une fuite des capitaux des pays émergents et, par ricochet, une chute de leur monnaie. Étaient particulièrement scrutés, vendredi, les chiffres de l'emploi aux États-Unis, susceptibles de donner une indication sur le rythme avec lequel la FED modifiera sa politique accommodante. (MB)