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Bulletin Quotidien Europe N° 10916
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) g20

Intervention militaire en Syrie, les lignes ne bougent pas

Saint-Pétersbourg, 06/09/2013 (Agence Europe) - Le sommet du G20 n'a pas permis de faire bouger les lignes entre les partisans et les opposants à une intervention militaire en Syrie.

D'accord pour condamner la barbarie des actes commis, les leaders mondiaux ne s'entendent pas sur la nature de la réponse à apporter. M. Poutine a clairement évoqué deux camps: d'un côté, les États-Unis, la France, la Turquie, le Canada, l'Arabie Saoudite et le Royaume-Uni sont favorables à une action militaire visant le régime syrien ; de l'autre, l'Allemagne, l'Indonésie, la Chine, la Russie, l'Argentine, le Brésil, l'Italie, l'Afrique du Sud, l'ONU et même le Pape sont opposés à toute intervention militaire. Pour le président russe, les attaques chimiques seraient le résultat d'une mise en scène de rebelles pour provoquer une réaction internationale. M. Poutine a qualifié de « cordial » l'entretien qu'il a eu avec le président américain, M. Obama, mais au cours duquel « chacun est resté sur sa position ».

M. Obama a estimé que « le monde ne (pouvait) pas rester les bras ballants ». Lors du sommet, onze pays du G20 (Australie, Canada, France, Italie, Japon, Corée du Sud, Arabie Saoudite, Espagne, Turquie, Royaume-Uni, États-Unis) ont adopté une déclaration selon laquelle l'utilisation d'armes chimiques, « si elle n'est pas sanctionnée, augmente le risque d'une nouvelle utilisation et la prolifération de ces armes ». Attribuant la responsabilité de l'utilisation de ces armes au régime syrien, ils appellent à « une réponse internationale forte à cette violation grave des règles ». Déplorant le fait que le Conseil de sécurité de l'ONU soit « paralysé » depuis « deux ans et demi », ils estiment que « le monde ne peut pas attendre indéfiniment ».

Pour le Premier ministre italien, Enrico Letta, « la communauté internationale est sur le fil du rasoir »: l'utilisation d'armes chimiques ne peut rester sans réponse et, dans le même temps, il faut soutenir le processus diplomatique dans le cadre de l'ONU. Il s'est inquiété des « dissensions » entre Européens. Dans un signe d'ouverture, la France, seul pays de l'UE décidé à recourir à la force, a fait savoir qu'une attaque n'aurait pas lieu avant que les inspecteurs de l'ONU aient rendu leur rapport sur l'utilisation d'armes chimiques. « Est-ce qu'on va attendre le rapport des inspecteurs ? Oui, nous allons attendre le rapport des inspecteurs comme nous allons attendre le vote du Congrès américain », a déclaré le président français, François Hollande.

Vendredi, à l'initiative du Royaume-Uni, une dizaine de membres du G20 ont évoqué la façon d'accroître l'aide humanitaire, alors que 2 millions de personnes ont fui la guerre. (MB)

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