Bruxelles, 06/09/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne organise, le 24 septembre à Bruxelles, une grande conférence sur l'avenir du secteur du lait après l'expiration des quotas de production, en 2015.
Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture, a expliqué jeudi 5 septembre à un groupe de journalistes, qu'un groupe d'experts engagé par la DG agriculture présentera les résultats de leurs réflexions. D'autres experts d'organisations professionnelles sont invités à participer au débat (EMB, COPA-COGECA) ainsi que le think tank Momagri. Il y aura deux ateliers de réflexion (lait et marché/Lait et territoire) pour analyser le secteur sous ces angles. Il y aura ensuite un débat entre tous les participants sur les idées qui vont émerger.
Après cette journée, les experts invités et la DG agriculture rédigeront des conclusions qui seront présentées au Conseil et au PE par M. Ciolos. « En fonction de ces conclusions et de la volonté politique, on verra quelles sont les prochaines étapes ». Dans le cadre du paquet lait de 2012, M. Ciolos a promis de présenter, d'ici le 30 juin 2014, un rapport sur la situation du marché du lait et des propositions. « S'il y a des choses que l'on peut faire avant, pourquoi pas », a souligné M. Ciolos. La réforme de la PAC a prévu aussi certains instruments qui peuvent être mobilisés en cas de crise ou de besoin de certaines actions structurelles, même si ces instruments ne visent pas spécifiquement le secteur laitier.
Il faut voir si on a besoin de nouveaux outils
« Je n'organise pas de débats pour confirmer mes idées », a lancé M. Ciolos. Il organise une conférence pour « écouter les experts ». Il faut d'abord voir si on a « besoin de nouveaux mécanismes », grâce à une analyse sur les perspectives du secteur. Il faut voir ensuite quels mécanismes pourraient être techniquement appliqués sans engendrer des coûts insupportables. Il faudra enfin évaluer les mécanismes qui peuvent être acceptés politiquement par le Conseil et le Parlement européen. « Cela n'a aucun sens pour un commissaire de jouer au héros en proposant des choses dont il sait qu'elles ne vont pas passer », a commenté M. Ciolos.
La conférence a trois buts: tester la nécessité de nouveaux mécanismes à la lumière de ce qui existe déjà, voir ce que suppose leur application si des idées voient le jour et tester l'acceptabilité politique des mesures éventuelles.
M. Ciolos attend de cette conférence la confrontation des différents arguments. Le commissaire a expliqué qu'il comprenait les pays qui disent avoir le potentiel pour augmenter la production et la possibilité de la vendre et donc ne pas comprendre pourquoi les empêcher de le faire. Il comprend aussi ceux qui demandent de conserver des mécanismes au motif que le lait est essentiel du point de vue économique pour maintenir la population dans le milieu rural et maintenir certains types de produits laitiers (comme des fromages et des produits de qualité). « Je comprends aussi ceux qui disent qu'il ne faut pas mettre de barrière à ceux qui peuvent se développer économiquement, mais je comprends aussi les autres qui disent ne pas vouloir être laissés à la merci d'une vague de crises à cause du fait que certains, de manière inconsciente, vont produire plus sans pouvoir gérer ces quantités, et ce au détriment des (agriculteurs les) plus fragiles ».
La Commission n'est pas là pour faire des miracles, elle est là pour gérer la politique agricole commune (PAC), assurer une application équitable de ses mécanismes sur tout le territoire de l'UE, a conclu le commissaire. (LC)