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Bulletin Quotidien Europe N° 10881
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

PAC, la balle est dans le camp du Comité des régions (Ciolos)

Bruxelles, 04/07/13 (Agence Europe) - Le commissaire européen à l'Agriculture et au Développement rural, Dacian Ciolos, a présenté les principaux points de la nouvelle Politique agricole commune (PAC) (EUROPE n° 10877) au Comité des régions (CdR) réuni en assemblée plénière, jeudi 4 juillet. Se félicitant de « transmettre, dès 2014, un signal clair aux agriculteurs », il a salué « un compromis politique » qui, pour la première fois, intègre une dimension régionale de l'agriculture: « La réforme de la PAC comprend un niveau de flexibilité suffisant pour permettre de l'adapter aux spécificités locales et régionales. »

« Cela va dans le bon sens et dans le respect de la subsidiarité », s'est réjouie Emilia Müller (PPE). Même enthousiasme du côté des libéraux: Agnès Durdu évoque « une percée, un pas dans la bonne direction » mais pointe du doigt des questions en suspens: plafonnement des paiements, flexibilité entre piliers et réserve de crise. « Nous aurions préféré davantage de libéralisation », souligne-t-elle, craignant que la réforme donne le sentiment que l'Europe protège les plus grosses exploitations: « À l'approche des élections européennes, nous avons peut-être manqué l'occasion d'envoyer un signal positif à nos concitoyens. » M. Ciolos assure que le système de redistribution garantira plus d'équité entre petits et grands exploitants. Quant aux problématiques renvoyées à plus tard, il « regrette la position du Conseil » et promet de « clarifier ces points le plus vite possible maintenant qu'un accord sur le cadre financier a été trouvé ».

Répondant aux propos de René Souchon (PSE), il s'est dit surpris de l'emploi du terme « renationalisation » à l'encontre de la réforme de la PAC qui laisse plusieurs éléments à l'appréciation des États membres: « Une politique est commune si les règles et le budget sont communs. Mais sans flexibilité, nous risquons d'être loin de la réalité. Dans une Europe à vingt-huit, on ne peut pas tout imposer de Bruxelles », a-t-il argumenté. Le président de la Région Auvergne a aussi demandé des mesures pour atténuer les effets négatifs de la disparition des quotas laitiers. Le leader de la délégation britannique au CdR, Gordon Keymer (CRE) réclame, quant à lui, la suppression de tous les quotas pour une « agriculture plus efficace », déplorant que les quotas sur le sucre ne soient pas éliminés avant 2017: « C'est mauvais pour les consommateurs et pour les producteurs car ça augmente les prix pour tout le monde. »

Autre point du débat: le développement des zones rurales. La vice-présidente du CdR, Mercedes Bresso (PSE), s'inquiète de la possibilité d'un transfert de 15 à 25% des fonds du deuxième pilier (développement rural) vers le premier pilier (paiements directs): « Si on concentre les ressources sur l'agriculture, on ne créera pas une véritable politique de développement de ces territoires. » Des propos relayés par le maire de Lubianka, Jerzy Zajakala (EA), qui ironise: « Ce n'est pas votre sujet de prédilection. » « Je suis le premier à avoir pris position quand le Conseil a demandé à baisser le budget du deuxième pilier, et sur les six priorités retenues pour le développement rural, deux vont au-delà du secteur agricole », se défend Dacian Ciolos, invitant le CdR à jouer la pleine mesure de son rôle: « Sur de nombreux points, la balle est dans votre camp pour assurer la bonne mise en œuvre de cet accord politique. » (LM)

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