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Bulletin Quotidien Europe N° 10881
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) Égypte

Les Européens appellent au retour au processus démocratique

Bruxelles, 04/07/2013 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, et de nombreux ministres des Affaires étrangères européens ont réagi, dans la nuit du 3 au 4 juillet, à la destitution par l'armée du président Morsi, à la suspension de la Constitution et à la nomination comme président par intérim du président de la Cour constitutionnelle, Adly Mansour. Suivant de près les développements et pleinement consciente « des profondes divisions dans la société, des demandes populaires pour un changement politique et des efforts à négocier un compromis », Mme Ashton a exhorté « toutes les parties à revenir rapidement au processus démocratique, y compris la tenue d'élections présidentielles et législatives libres et équitables et l'approbation d'une Constitution, ce qui doit être fait d'une manière pleinement inclusive, pour permettre au pays de reprendre et d'achever sa transition démocratique ».

Appelant toutes les parties à faire preuve de retenue et condamnant fermement tous les actes de violence, elle a aussi exhorté les forces de sécurité à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les vies et le bien-être des citoyens. Mme Ashton a espéré que « la nouvelle administration sera pleinement inclusive », réitérant l'importance d'assurer le plein respect des droits fondamentaux, des libertés et de l'état de droit.

Interrogé sur le fait que le communiqué de Mme Ashton ne mentionne pas de « coup d'État », son porte-parole, Michael Mann, a seulement précisé que « nous ne sommes pas favorables à une intervention militaire dans la vie politique ». Il a aussi précisé que Mme Ashton s'est entretenue dans la nuit du 3 au 4 juillet avec l'opposant Mohamed El Baradei.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a appelé le 4 juillet, toutes les parties « à faire preuve du plus grand sens de responsabilité, de retenue et d'une véritable volonté de parvenir à la réconciliation nationale et de compromis politique ». « La confrontation doit être remplacée par le dialogue, des actes et pas seulement des paroles », a-t-il souligné. Il a rappelé que « la démocratie, la règle civile et les droits civils doivent retourner dès que possible dans le pays et cela doit être réalisé à travers un calendrier électoral clair et un processus pacifique, inclusif et transparent ». « Un parlement fort, expression de toutes les forces civiles et vues diverses qui composent la société égyptienne, est la meilleure garantie contre toute dérive autoritaire et un moyen d'assurer la stabilité, la démocratie et le pluralisme », a-t-il estimé.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a appelé à « un retour rapide à des processus démocratiques ». Il souhaite aussi que les dirigeants politiques de l'Égypte trouvent le moyen de travailler ensemble pour accepter une Constitution, et que des mesures économiques soient prises d'urgence. « Le Royaume-Uni ne supporte pas les interventions militaires pour régler les différends dans les systèmes démocratiques, mais nous devons regarder en avant », a-t-il précisé. Son homologue, français Laurent Fabius, a pris acte de la situation et de l'annonce de nouvelles élections, indiquant que la France « souhaite que les échéances soient préparées dans le respect de la paix civile, du pluralisme, des libertés individuelles et des acquis de la transition démocratique, afin que le peuple égyptien puisse choisir librement ses dirigeants et son avenir ». Didier Reynders (Belgique) a réitéré son appel au dialogue, et souligné l'importance de s'abstenir de tout acte de violence et de répression à l'encontre de la population et des acteurs politiques. Il a espéré que « le nouveau gouvernement saura conduire le pays dans le respect de l'état de droit et en assurant les droits et libertés fondamentaux de tous les Égyptiens, et s'attèlera au redressement économique du pays ».

Pour l'Allemand Guido Westerwelle, le renversement de M. Morsi est « un échec majeur pour la démocratie en Égypte ». « Il est urgent que l'Égypte retourne aussi vite que possible à un ordre constitutionnel (...) il y a un réel danger que le processus de transition démocratique soit sérieusement altéré », a-t-il ajouté. « Les arrestations politiques et une vague de répression doivent être évitées à tous prix. Tout doit être mis en œuvre pour retourner sur le chemin de l'ordre démocratique », a-t-il dit, appelant toutes les parties à renoncer à la violence. Son collègue suédois, Carl Bildt, a rappelé que « tout le monde doit respecter les principes démocratiques et l'ordre constitutionnel. La solution doit être recherchée dans ce cadre ». Il a ajouté que la violence doit être évitée, le consensus recherché et les droits de l'homme respectés. Pour le ministre lituanien Linas Linkevicius, il faut « poursuivre la transition démocratique ». « L'Égypte a un besoin urgent de retourner à un processus démocratique - élections présidentielles et parlementaires libres et justes, primauté du droit », a-t-il fait valoir. (CG)

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