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Bulletin Quotidien Europe N° 10881
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) bce

Inchangés, les taux resteront bas pour une période prolongée

Bruxelles, 04/07/2013 (Agence Europe) - La BCE a fait savoir, jeudi 4 juillet, que ses principaux taux d'intérêt resteront à un niveau inchangé, voire diminué, pour une période « prolongée ». Ce nouveau mode de communication étonne les observateurs, l'institution européenne étant normalement encline à ne pas préjuger de sa propre politique monétaire.

« À l'avenir, notre politique monétaire demeurera accommodante aussi longtemps que nécessaire. Le Conseil des gouverneurs s'attend à ce que les principaux taux d'intérêt de la BCE demeurent aux niveaux actuels, ou plus bas, pour une période prolongée », a déclaré le président de la BCE, sans préciser ce qu'une période prolongée signifie. Selon Mario Draghi, cette position était « unanime » au sein du Conseil des gouverneurs de l'Institut monétaire qui, lors d'une discussion « approfondie », ont émis des positions favorables à une nouvelle baisse des taux ou au statu quo. Et elle se base sur l'analyse de la BCE sur le niveau de l'inflation à moyen terme, « la faiblesse » de nombreux secteurs économiques et de la faiblesse des flux monétaires. Toutefois, « nous sommes tous d'accord pour dire que de faibles taux impliquent des risques sérieux pour la stabilité financière », a souligné M. Draghi. Le faible coût de l'argent est de nature à favoriser l'apparition de bulles spéculatives sur certains marchés.

La zone euro est en récession. Après une chute de 0,6% au 3ème trimestre 2012, le PIB de l'Eurozone a encore diminué de 0,3% au 1er trimestre 2013. Selon l'Office statistique de l'UE (Eurostat), l'inflation reste à un niveau bien inférieur (1,6% en juin, 1,4% en mai) à l'objectif de 2% de la BCE.

Backstops. L'ancien gouverneur de Banca d'Italia a insisté sur l'importance pour les pays de la zone euro de mettre en place, à l'avance, des mécanismes financiers de sauvetage afin de prévenir les résultats des futurs 'stress tests' bancaires que la BCE effectuera cet hiver dans l'optique de la mise en place du mécanisme unique de supervision bancaire. Souhaitant que les « erreurs » commises il y a deux ans ne se reproduisent pas, M. Draghi a estimé « essentiel » que les marchés, les superviseurs et les gouvernements sachent comment seront affrontés les besoins en capital bancaire que pourraient déceler ces 'stress tests'. Et de rappeler l'ordre d'une recapitalisation bancaire: - d'abord par des mécanismes de marché (levée de capitaux, ventes d'activités…), - les fonds nationaux de sauvetage ; - l'intervention indirecte du Mécanisme européen de stabilité (MES), à l'image de ce qui a été fait pour le secteur bancaire espagnol ; - la recapitalisation directe par le MES, qui ne sera disponible qu'une fois le superviseur bancaire unique opérationnel.

Portugal. Interrogé sur la crise politique au Portugal (EUROPE n° 10880), M. Draghi s'est limité à louer les efforts « douloureux » entrepris par le gouvernement portugais et supportés par la population. « Les résultats obtenus sont significatifs, si ce n'est exceptionnels », a-t-il souligné, refusant de répondre à la question d'un journaliste l'interrogeant sur l'effet des politiques d'austérité dans le pays. « Le Portugal est dans de bonnes mains », a-t-il estimé à propos de la nouvelle ministre portugaise des Finances, Maria Luis Albuquerque. Selon lui, le Portugal n'est pas éligible, à ce stade, au programme 'OMT' de rachat de titres souverains dans la mesure où ce programme n'est à mettre en place que lorsque l'intégrité de la zone euro est en jeu. (MB)

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