Bruxelles, 04/07/2013 (Agence Europe) - Que le Parlement européen ait voté, mercredi 3 juillet, en faveur de la réforme à court terme de l'ETS par le gel temporaire de 900 millions de quotas excédentaires en a agréablement surpris plus d'un, mais ce vote a fait aussi des mécontents et des déçus, notamment chez l'industrie et les chambres de commerce, tandis que les ONG environnementales, soulagées, sont loin d'être enthousiastes (EUROPE n° 10880).
Eurochambres, qui refuse purement et simplement toute intervention de la Commission européenne sur le marché pour obtenir le relèvement du prix de la tonne de carbone, ne cache pas sa déception et appelle les 28 États membres de l'UE à rejeter une mesure économiquement injustifiable
« Le' backloading' est clairement une intervention dans un système fondé sur le marché. Et une intervention, fût-elle unique, sape les principes mêmes de l'ETS et rendra la tâche plus difficile aux entreprises qui veulent produire avec le meilleur rapport coût/efficacité. Dans une situation économique déjà très fragile, de telles initiatives menacent la croissance et l'emploi et augmentent la probabilité de fuites de carbone. C'est un mauvais signal au mauvais moment », déclare Arnaldo Abruzzini, secrétaire général d'Eurochambres.
Mécontent, le CEFIC qui représente l'industrie chimique européenne, estime que cette mesure créera de l'incertitude pour les participants à l'ETS sans pour autant garantir que les recettes générées par les enchères seront bien réinjectées dans les technologies sobres en carbone. «Le projet de backloading exprime une volonté d'intervenir sur le marché et de pousser les prix vers le haut au risque d'affaiblir la compétitivité et de détourner l'investissement de l'innovation », déclare Hubert Mandery, directeur général du CEFIC. (AN)