Strasbourg, 04/07/2013 (Agence Europe) - Négociateurs européens et nippons sont rentrés dans le vif du sujet: des travaux ont été entamés cette semaine à Tokyo dans tous les secteurs couverts par le futur accord.
Le 2ème round de pourparlers pour un accord de libre-échange entre l'UE et le Japon, qui s'est tenu du 24 juin au 3 juillet à Tokyo, a porté sur le texte du futur accord dans tous les secteurs couverts. Les séances de négociations étaient réparties entre quatorze groupes de travail différents qui ont traité de thèmes tels que le commerce des biens, les services, les investissements, la concurrence, les marchés publics, et le développement durable. Les négociateurs se retrouveront du 21 au 25 octobre à Bruxelles, puis début 2014 à Tokyo.
L'objectif est de conclure un accord global sur les biens, les services et les investissements visant à éliminer les obstacles tarifaires et non tarifaires et couvrant d'autres aspects liés au commerce, notamment les marchés publics, les questions réglementaires, la concurrence et le développement durable. Bruxelles et Tokyo se sont entendus sur des feuilles de route pour la levée des barrières non tarifaires nippones, qui sont la clé des négociations. Un strict parallélisme a été établi entre la réduction des barrières tarifaires de l'UE et la levée des barrières non tarifaires du Japon. Le mandat de négociation européen est doté d'une clause de révision en 2014 pour évaluer les progrès de Tokyo sur le non tarifaire, et d'une clause suspensive s'ils sont insuffisants.
Si les parties ont des lignes rouges pour des produits sensibles, dont elles s'échangeront des listes - côté nippon, ce sont traditionnellement le riz, le sucre, le bœuf, le porc et les produits laitiers ; côté européen, ce sont les voitures - ces produits ne seront pas exclus de la négociation. L'automobile sera un élément phare de la négociation, le Japon voulant un démantèlement tarifaire complet côté européen, l'UE souhaitant en échange une réduction drastique, voire l'élimination, des obstacles techniques et réglementaires nippons. Les marchés publics sont un autre élément clé, l'UE attendant des concessions de Tokyo, qui s'est déjà engagé à améliorer certaines de ses procédures d'adjudication, en particulier dans le secteur ferroviaire.
Les gains attendus sont de taille, puisqu'un accord engendrerait une hausse du PIB de l'UE de 0,6% à 0,8%. Les exportations de l'UE vers le Japon pourraient augmenter de 32,7%, celles du Japon vers l'UE de 23,5%. En 2011, les exportations de l'UE vers le Japon ont atteint 49 milliards d'euros, ses importations depuis l'archipel 69 milliards d'euros. L'UE connaît un déficit commercial récurrent avec son partenaire asiatique. Les investissements de l'UE au Japon, eux, restent faibles par rapport aux autres pays riches. (EH)