Bruxelles, 17/06/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a appelé, lundi 17 juin, la coalition gouvernementale grecque à assumer « les responsabilités qui leur ont été données par les citoyens grecs ». « La stabilité politique était nécessaire à la mise en œuvre des réformes et au redressement économique du pays », comme l'a déclaré le porte-parole de la Commission Olivier Bailly.
Les trois partis politiques devaient se réunir lundi soir pour tenter de trouver une voie de sortie à l'impasse dans laquelle ils se trouvent depuis la fermeture subite de la télévision publique ERT, mardi passé (EUROPE n° 10865), une décision prise par le Premier ministre grec, Antonis Samaras, sans le consentement des deux autres partis partenaires de la coalition, Pasok et Dimar. Sans remettre en question le besoin de restructurer la télévision, les deux partis ont rejeté ce week-end le compromis que leur a proposé M. Samaras, qui prévoyait une réouverture immédiate mais partielle d'ERT.
« Nous n'allons pas laisser le pays dans l'instabilité », a de son côté promis M. Samaras dimanche lors d'une conférence de son parti, Nouvelle démocratie. Balayant d'un revers de main la possibilité d'un effondrement de sa coalition qui propulserait le pays un an en arrière avec la tenue d'élections anticipées, M. Samaras a renvoyé la balle dans le camp de ses partenaires. Il a considéré, à leur adresse, que « le dilemme actuellement était de savoir si, oui ou non, on va procéder à des réformes, et qui sera celui qui va assumer la responsabilité de les soutenir ou les empêcher ». Le Premier ministre grec a également souligné que la réduction du secteur public de 2 000 unités d'ici à la fin du mois de juin, convenue avec les créanciers internationaux de la Grèce, avait été « signée par l'ensemble des chefs des trois partis de la coalition ». Et d'ajouter: « Où faudrait-il couper ces emplois si ce n'est pas à l'indigne ERT (...), l'un des bastions d'opacité et des privilèges ?»
Cette crise intervient alors même que la 'troïka' de bailleurs de fonds du pays (Commission européenne, BCE, FMI) est à Athènes pour évaluer la mise en œuvre des réformes. La Commission européenne, et plus récemment le gouvernement allemand, ont assuré que la fermeture temporaire de l'ERT pour procéder à sa restructuration n'avait jamais fait l'objet de discussions entre Athènes et la 'troïka'. La chancelière allemande, Angela Merkel, s'est entretenue au téléphone avec M. Samaras dimanche, lui assurant son soutien et l'encourageant à poursuivre les réformes. (EL)