Bruxelles, 17/06/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne propose d'optimiser les services publics de l'emploi (SPE) des États membres afin que le problème des 26 millions de chômeurs en Europe puisse se résorber.
Le commissaire aux Affaires sociales, Laszlo Andor, a présenté, lundi 17 juin, une proposition de décision visant à mettre en réseau ces services publics de l'emploi qui conseillent les chômeurs sur les possibilités de formation, d'apprentissage, de stage et d'emploi, mais aussi permettent à l'offre et à la demande de se rencontrer adéquatement. C'est précisément ce à quoi ont appelé les ministres du Travail allemand, espagnol, français et italien lors de leur rencontre à Rome, vendredi 14 juin (EUROPE n° 10867). « Pour lutter contre le fléau du chômage, il est indispensable d'améliorer l'efficacité et la performance des SPE, qui ont un rôle à jouer dans les politiques de dynamisation du marché de l'emploi. La proposition de la Commission aiderait ces services à remplir ce rôle essentiel et à favoriser une plus grande coordination européenne des politiques dans ce domaine. »
La mise en réseau que suggère la Commission européenne permettrait d'une part de détecter plus tôt les problèmes liés au marché du travail mais aussi d'évaluer les performances par rapport à des valeurs de référence. Interconnectés, ces services pourront aussi contribuer à une meilleure transposition des politiques de l'emploi dans les États membres, et notamment les « recommandations par pays » émises dans le cadre du semestre européen ou la « Garantie pour les jeunes » (qui prévoit dans les quatre mois suivant la mise sur le marché de l'emploi d'un jeune, que celui-ci ait la possibilité d'obtenir un emploi, un stage, un apprentissage ou un complément de formation). L'exécutif européen estime aussi que le réseau permettra de tirer parti des bonnes pratiques et de faciliter l'échange de connaissances.
À ce stade, un groupe de services publics de l'emploi existe déjà de façon informelle depuis 1997. La proposition de la Commission permettrait d'une part de formaliser l'activité de ce groupe mais aussi de lui conférer un mandat clair. Cela permettrait aussi de mettre plus facilement en œuvre des projets orientés vers l'emploi et financés par le Fonds social européen. La coopération des SPE au sein d'EURES, le réseau paneuropéen de recherche d'emploi, perdurerait.
La décision proposée par la Commission fera désormais l'objet d'un examen par le Conseil et le Parlement. Après leur approbation, le réseau des 27 services publics de l'emploi pourra se mettre en place. Chaque pays désignera un membre titulaire et un suppléant travaillant à un niveau supérieur d'encadrement du SPE national pour participer aux réunions du Conseil d'administration de ce réseau ; la Commission y sera également représentée.
L'idée d'une coopération renforcée entre ces services n'est pas exclue et il en sera question lors d'un sommet consacré au chômage des jeunes le 3 juillet prochain à Berlin, sommet faisant suite à la réunion des ministres de l'Emploi à Rome, vendredi dernier, et à Madrid le 19 juin. Le Conseil européen des 28 et 29 juillet sera également consacré à la lutte contre le chômage des jeunes. (MD)