Bruxelles, 27/05/2013 (Agence Europe) - Outre plus de progrès des autorités birmanes en matière de droits de l'homme, les députés exigent la responsabilité sociale des entreprises européennes opérant dans le pays.
Dans une résolution adoptée le 23 mai par 504 votes pour, 95 votes contre et 8 abstentions, sur la base du rapport de David Martin (S&D, britannique), le Parlement européen soutient le rétablissement des préférences commerciales au Myanmar pour consolider la démocratisation complète du pays, l'état de droit et le respect de tous les droits de l'homme et des libertés fondamentales.
L'accès préférentiel au marché européen octroyé à la Birmanie/Myanmar dans le cadre du SPG+, version du système de préférences généralisées de l'UE qui accorde plus d'avantages pour récompenser des efforts de bonne gouvernance, a été retiré temporairement en 1997 en raison de préoccupations sur le recours systématique et généralisé au travail forcé dans le pays. Les derniers rapports de l'OIT ont toutefois conclu que ces pratiques ne sont plus graves et systématiques grâce aux réformes entreprises par les autorités birmanes.
Mais, malgré des progrès en matière de droits de l'homme, le Parlement exprime sa préoccupation concernant la persistance de graves violations, incluant des actes d'agression contre les minorités ethniques. Il demande la poursuite des négociations de paix et l'arrêt de la répression contre la minorité musulmane des Rohingyas. Les députés exhortent en outre les autorités birmanes à ratifier la convention contre la torture et à établir une présence permanente du bureau onusien du Haut commissaire aux droits de l'homme dans le pays. « Si elle a déjà parcouru beaucoup de chemin, la Birmanie a encore une longue route à parcourir en termes de modernisation, d'ouverture et de démocratisation », insiste M. Martin.
Outre de nouvelles mesures du gouvernement birman en ce sens, les députés demandent aussi aux entreprises européennes et internationales implantées dans la région d'agir de manière socialement responsable et de ne pas contribuer à des violations des droits de l'homme dans le pays. « Les entreprises européennes présentes au Myanmar sont bien placées pour jouer un rôle constructif dans la promotion des normes sociales et du travail, à travers le respect des obligations juridiques nationales et internationales dans les domaines des droits de l'homme et du travail, des normes sociales et environnementales », insistent-ils. (EH)