Bruxelles, 27/05/2013 (Agence Europe) - La Chine aurait répondu aux récentes actions et enquêtes antidumping et antisubventions de l'UE visant tant ses panneaux solaires que ses équipementiers télécoms par une nouvelle procédure antidumping visant des produits chimiques européens.
Le ministère chinois du Commerce a annoncé, le 26 mai, l'ouverture de discussions à haut niveau avec la Commission sur leurs frictions commerciales. Le vice-ministre chinois du Commerce Zhong Shan et le chef de la direction générale « commerce » de la Commission, Jean-Luc Demarty, se seraient rencontrés lundi.
Le risque d'une guerre commerciale entre l'UE et la Chine s'est accentué la semaine dernière, avec le changement de ligne de la Commission pour une attitude plus ferme à l'égard de Beijing, qu'illustrent ses plans, d'une part de taxer lourdement les importations de panneaux solaires chinois qui bénéficient de pratiques de dumping et de subventions, d'autre part d'enquêter (sans plainte préalable de l'industrie) sur les pratiques de commerce déloyal dont bénéficient les équipementiers télécoms chinois, Huawei et ZTE.
Selon plusieurs médias, la Chine aurait notifié la semaine dernière à la Commission une nouvelle procédure antidumping visant des produits chimiques européens, deux substances dérivées du chlore, le perchloroéthylène et le tetrachloroéthylène. Plusieurs groupes européens seraient concernés, dont Solvay et la branche européenne de l'américain Dow Chemical, mais une procédure similaire viserait les États-Unis. Il s'agit de la deuxième procédure antidumping lancée par Beijing contre l'UE en moins de quinze jours. Début mai, la Chine avait lancé une enquête antidumping contre les fabricants européens de tubes sans soudure.
Solaire, l'Allemagne contre des sanctions. Recevant lundi à Berlin le premier ministre chinois Li Keqiang, le ministre allemand de l'Économie, Philipp Rösler, a confirmé le refus de Berlin d'imposer des taxes antidumping contre les panneaux solaires chinois. « De notre point de vue, les mesures de sanction ne sont plus nécessaires et c'est pour cela que l'Allemagne a dit 'non' aujourd'hui », a déclaré M. Rösler, qui a précisé avoir demandé la Commission, vendredi dernier, de prolonger jusqu'à lundi le délai pour donner son avis, après avoir dialogué avec la partie chinoise. (EH)