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Bulletin Quotidien Europe N° 10853
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

Embargo sur les armes, discussions difficiles entre les ministres

Bruxelles, 27/05/2013 (Agence Europe)- Alors qu'à l'heure où nous bouclons les discussions se poursuivent encore concernant la Syrie et en particulier l'embargo sur les armes, les positions semblent encore très diverses. Les ministres ont réalisé un premier tour de table avant le déjeuner pour exprimer leurs positions avant de passer aux autres sujets pour ensuite revenir aux questions concernant la Syrie.

Le Service européen pour l'action extérieure a présenté trois options aux ministres. La première consisterait en la prolongation des sanctions pour un an, avec une révision de l'embargo sur les armes avant le premier août, selon une source européenne. La seconde possibilité porterait sur la levée de toutes les sanctions. Si les États membres ne sont pas favorables à la levée des sanctions, un État pourrait jouer sur cette menace pour pousser les autres à prendre une décision. Les sanctions pourraient ensuite être prises au niveau national.

La troisième option est intermédiaire. Elle porterait sur la prolongation de l'embargo sur les armes avec une exemption pour des équipements non létaux pour la coalition pour la protection des civils, qui existe déjà, et la possibilité d'équipement létaux pour la coalition, au cas par cas, pour la protection des civils et en lien avec la position commune de 2008, selon une source européenne. Mais si la décision sur cette option était prise lors de ce Conseil, les ministres devraient, dans un mois ou deux - certaines sources parlent du 1er août au plus tard- réviser cette décision, qui ne serait pas mise en œuvre/qui serait suspendue, entre-temps. Cela permettrait de voir si la situation évolue, en particulier en lien avec la conférence de Genève, explique une autre source.

À son départ du Conseil, le ministre français, Laurent Fabius, a souligné qu'il soutenait cette option. « La France est favorable à la solution n°3 qui permet un amendement à l'embargo actuel mais sous condition », a-t-il expliqué. Cette solution permet « aux résistants d'avoir les armes nécessaires et en même temps, que les armes soient contrôlées », a expliqué M. Fabius avant de rentrer à Paris pour rencontrer ses homologues russe et américain, Serguei Lavrov et John Kerry, pour discuter de la conférence de Genève. Le Royaume-Uni d'un côté, et l'Autriche et la Suède de l'autre, hésiteraient sur ce compromis, le premier le trouvant trop léger, les derniers trop poussif. « Il y a des principes à respecter et la coalition a fait connaître ses principes: il faut que les résistants se battent pour une Syrie libre, démocratique où chaque communauté puisse avoir les mêmes droits », a répondu M. Fabius a une question sur la différence entre un groupe extrémiste et non extrémiste.

Malgré leurs divisions, les ministres espéraient tous arriver à une position commune, qu'ils considéraient comme très importante. « On attend de l'UE qu'elle soit unie, une puissance de paix et une puissance unie, si par malheur elle offrait le spectacle de la division, on réduirait notre poids y compris dans les futures négociations de Genève », a expliqué M. Fabius. À son arrivée, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, avait fait la même remarque, tout comme plusieurs de ses homologues. « Nous nous efforcerons à ce que l'UE adopte une position commune. Un désaccord de l'UE serait un mauvais signal », a expliqué M. Westerwelle.

Par ailleurs, une source européenne a confirmé à EUROPE que le règlement d'application sur la levée de l'embargo sur le pétrole à destination de la coalition, décidée le 22 avril, n'a toujours pas été adopté (EUROPE n° 10832). Le texte n'a toujours pas été présenté car c'est très compliqué, il est difficile de savoir qui contrôle les pipelines, a-t-elle ajouté.

M. Fabius a aussi précisé qu'il « semble que les présomptions d'utilisation d'armes chimiques soient de plus en plus étayées », qu'il y aurait des utilisations locales de ces armes, ajoutant que la France vérifie de manière précise, et alors que des journalistes du quotidien Le Monde ont fait état, le jour même, de cette utilisation par le régime. (CG)

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