Bruxelles, 19/04/2013 (Agence Europe) - Européens et Nippons ont, lors d'un premier round cette semaine, déterminé l'ordre du jour des pourparlers et trouvé un consensus sur les dossiers à négocier. La Commission refuse de spéculer sur la durée de négociations qu'elle juge complexes.
L'UE et le Japon ont formellement entamé cette semaine à Bruxelles leurs négociations de libre-échange. « L'atmosphère a été positive et constructive. Les négociations seront complexes, et il nous faudra beaucoup d'efforts pour arriver à un accord. Mais je suis confiant que nous pouvons faire de bons progrès dans les mois à venir », a commenté vendredi devant la presse le négociateur en chef côté européen, Mauro Petriccione. Les parties se sont entendues cette semaine sur les domaines spécifiques qui seront couverts et la méthode de négociation d'un accord qui couvrira la libéralisation tarifaire, la levée des obstacles non tarifaires et la convergence réglementaire, les services, l'investissement et les marchés publics, le développement durable. La deuxième session de négociation est programmée du 24 au 28 juin à Tokyo.
Les négociations vont se baser sur les résultats de l'exercice de délimitation de l'accord (scoping exercise) achevé en mai 2012. Dans le contexte de cet exercice, les deux parties ont démontré leur volonté et leur capacité à s'engager dans un agenda de libéralisation ambitieux. Bruxelles et Tokyo se sont entendus sur des feuilles de route pour l'élimination des barrières non tarifaires nippones, qui sont la clé des négociations. Vu l'importance de la levée de ces obstacles réglementaires pour restaurer une situation de concurrence (level playing field) pour les entreprises européennes sur le marché nippon, les directives de négociation adoptées par le Conseil en novembre 2012 établissent un strict parallélisme entre la réduction des barrières tarifaires dans l'UE et l'élimination des barrières non tarifaires au Japon. Le mandat de négociation européen est doté d'une clause de révision en 2014, pour évaluer les progrès de Tokyo en la matière, et d'une clause suspensive si les avancées sont insuffisantes. Pour convaincre des capitales européennes réticentes, le Japon a déjà fait des concessions sur des dossiers sensibles, dont l'ouverture de son marché au bœuf européen.
À ce stade, les listes de produits sensibles n'ont toujours pas été échangées entre les parties. Côté nippon, ce sont traditionnellement le riz, le sucre, le bœuf, le porc et les produits laitiers qui constituent les lignes rouges. Côté européen, ce sont les voitures. Mais ces produits ne seront pas exclus de la négociation. Le commerce automobile sera d'ailleurs un élément phare de la négociation, le Japon voulant un démantèlement tarifaire complet côté européen, l'UE souhaitant en échange une réduction drastique voire l'élimination des obstacles techniques et réglementaires dans le secteur automobile au Japon. La commande publique constitue un autre élément clé des négociations, l'UE attendant des concessions de Tokyo, qui s'est déjà engagé à améliorer certaines de ses procédures d'adjudication, en particulier dans le secteur ferroviaire.
Les gains attendus par l'exécutif européen sont de taille. Un accord engendrerait une hausse du PIB de l'UE de 0,6% à 0,8%. Les exportations de l'UE vers le Japon pourraient augmenter de 32,7% alors que les exportations nippones augmenteraient de 23,5%. En 2011, l'UE représentait 11% des échanges du Japon, faisant de l'archipel son troisième partenaire commercial. Le Japon est le septième marché d'exportation de l'UE. La même année, les exportations de l'UE vers le Japon ont atteint 49 milliards d'euros, ses importations depuis l'archipel 69 milliards d'euros. L'UE connaît un déficit commercial récurrent avec son partenaire. Elle reste le troisième marché d'exportation du Japon et sa deuxième source d'importation après la Chine. Quant aux investissements directs de l'UE au Japon, ils restent faibles par rapport aux autres pays riches. (EH)