Bruxelles, 19/04/2013 (Agence Europe) - À l'heure où la France compte amorcer son retrait du Mali pour passer le relais à une force de maintien de la paix onusienne, si possible à la fin avril, les ministres des Affaires étrangères de l'UE feront de nouveau le point, lundi à Luxembourg, sur la réponse globale de l'UE à cette crise sécuritaire, politique et humanitaire, et devraient réitérer l'importance qu'attache l'UE à la tenue des élections annoncées pour juillet prochain. Des élections libres et transparentes sont en effet un élément clé de la feuille de route pour la restauration de l'ordre constitutionnel et démocratique dans le pays - dont la réalisation nourrit bien des inquiétudes - et sur lequel les conclusions du Conseil devraient insister. La situation au Mali et dans le Sahel sera également abordée lundi soir lors d'un déjeuner conjoint entre ministres des Affaires étrangères et ministres de la Défense des 27 au cours duquel le général Francois Lecointre, chef de la mission EUTM Mali, fera le point de l'opération de formation et de conseil en cours de l'armée malienne.
Le retrait de la France « sera progressif et sera fonction de la situation car nous voulons nous assurer que le terrorisme ne reviendra pas au Mali. Nous amorçons un retrait qui est lié à la situation même du Mali », déclarait vendredi le président français, cité par l'AFP, à l'issue d'une conférence de presse donnée à l'Élysée, avec, à ses côtés, Hailemariam Desalegn, le Premier ministre éthiopien et président en exercice de l'Union africaine.
Jeudi, lors d'un débat sur le Mali et le Sahel en commission des affaires étrangères du Parlement européen, les députés européens s'étaient dits inquiets de la coïncidence de calendrier du retrait des troupes françaises, du processus électoral et du déploiement de la mission de l'ONU. Ils avaient aussi insisté pour que toute l'aide financière promise soit effectivement déboursée, et appelé à une solution globale au Sahel pour endiguer les trafics de drogue, d'êtres humains et d'armes dans la région.
Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères français, avait indiqué que la décision de transformer la mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) en mission de maintien de la paix de l'ONU « devait être adoptée pendant la troisième semaine d'avril. » Un millier de militaires français resteraient dans le pays pour « venir si nécessaire en appui à la mission de stabilisation, notamment pour faire face aux opérations terroristes », avait-il précisé. (AN)