Bruxelles, 19/04/2013 (Agence Europe) - Le Bundestag a voté contre une proposition visant à introduire un quota de femmes dans les conseils d'administration des entreprises allemandes. Quelles sont les implications du jeu politique berlinois pour l'ambition de Viviane Reding d'introduire un tel quota au niveau européen ?
À priori, un tel rejet ne devrait pas faire l'affaire de la commissaire européenne aux Droits fondamentaux. Or, ce qui se trame à Berlin pourrait tout de même signifier que le vent tourne et que la position allemande, contre un quota européen, pourrait évoluer. En effet, l'initiative de l'opposition sociale démocrate en faveur d'un quota féminin en Allemagne a été rejetée par les députés de la coalition chrétienne démocrate. Les voix des députées CDU qui étaient favorables à un quota féminin ont été acquises par la promesse de la chancelière Angela Merkel de faire figurer au programme électoral de son parti, la CDU, un projet législatif pour un quota contraignant de 30% après 2020. Soit une initiative dans le droit fil de la proposition actuellement sur la table au niveau européen. Ce qui fait pressentir « des rebonds positifs » selon des sources proches de Viviane Reding à Bruxelles. La commissaire s'est même félicitée des récents développements allemands sur son compte Twitter: « Je me réjouis que même mes amis chrétiens démocrates allemands soient en faveur d'un quota de femmes dans les conseils de surveillance. Merci au 'girl power' entre Berlin, Bruxelles, Hanovre et Sarrebruck. » Toutefois, à ce stade, de source diplomatique, l'Allemagne serait toujours opposée au quota européen souhaité par Viviane Reding. La base légale de la proposition de la Commission et le respect du principe de subsidiarité seraient contestés. Le prochain round de discussions au Conseil à ce sujet est prévu en juin. (MD)