Bruxelles, 11/04/2013 (Agence Europe) - Le groupe S&D au Parlement européen a demandé mercredi 10 avril aux États membres, à l'occasion d'un séminaire, de s'engager davantage dans la lutte contre les violences faites aux femmes et de ratifier notamment la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, dite « Convention d'Istanbul », rapporte un communiqué. Le Portugal est devenu en mars le 1er pays membre de l'UE à ratifier cet instrument que les États membres n'ont pas tous déjà signé. Les eurodéputés ont également demandé à la Commission de concocter un acte législatif pour préparer la ratification de la Convention.
En Europe, « sept femmes sont tuées tous les jours et une femme sur 5 a déjà connu des violences physiques graves au moins une fois dans sa vie », indique le groupe S&D.
Jusqu'ici, seulement 17 États membres ont signé le texte, a déploré le chef de file du S&D, l'Autrichien Hannes Swoboda, appelant les retardataires à s'en acquitter au plus vite ainsi qu'à ratifier l'instrument.
La Convention, qui date d'avril 2011, insiste sur la prévention, la protection et les poursuites contre les auteurs de violences. Les gouvernements qui acceptent d'être liés par la Convention doivent prendre à la fois des mesures pour former les professionnels en contact avec les victimes, mener des campagnes de sensibilisation, travailler avec les ONG ; en ce qui concerne la protection, elle insiste sur les mesures d'éloignement, la création de foyers pour accueillir les victimes ou de services d'assistance téléphonique 24h/24. Pour les poursuites, les États parties doivent pénaliser ces violences et éventuellement introduire de nouvelles infractions, comme la violence psychologique et physique, la violence sexuelle et le viol, la persécution, les mutilations génitales féminines, les mariages forcés, l'avortement et la stérilisation forcée. Les États parties doivent aussi veiller à ce que la culture, les traditions ou l'« honneur » ne soient pas considérés comme des justifications de ces comportements violents.
L'UE s'est récemment dotée de nouveaux outils pour combattre les violences faites aux femmes, avec notamment la reconnaissance des ordres de protection émis dans un pays membre, relevant tant du droit civil que pénal. Il existe aussi une directive fixant des standards minimums pour prendre en charge les victimes et leur apporter une aide spécifique. Le groupe S&D a jugé toutefois que ces instruments restaient encore insuffisants pour combattre le phénomène. (SP)