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Bulletin Quotidien Europe N° 10825
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) chypre

Facture plus salée et récession plus prononcée pour Nicosie

Bruxelles, 11/04/2013 (Agence Europe) - Chypre se prépare à vivre deux années sombres, selon des documents élaborés par la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE), mis en ligne mercredi par le Financial Times. La croissance va boire la tasse jusqu'en 2015, où il est prévu qu'elle retrouve quelques timides couleurs. Le PIB chypriote devrait se contracter de 8,7% en 2013, avant un recul supplémentaire de 3,9% en 2014 et un passage au vert en 2015 (+1,1%). Ces projections sont nettement plus sévères que celles que la Commission avait publiées en février, avant que soit conclu le plan d'assistance financière. À l'époque, l'ampleur de la récession prévue pour cette année s'élevait à 3,5%, et à 1,3% en 2014. L'économie chypriote a été bâtie en grande partie sur son secteur bancaire, surdimensionné par rapport à sa richesse annuelle, qui sera restructuré en profondeur, selon l'accord passé avec l'Eurozone en échange d'un prêt de 10 milliards d'euros.

La contribution chypriote au plan de sauvetage a quant à elle doublé. Après être arrivés à un premier accord qui prévoyait la taxe controversée sur les dépôts, les Dix-sept avaient préconisé que Nicosie mobilise 5,8 milliards d'euros de ressources internes pour financer son propre plan de sauvetage. La zone euro justifiait ce choix par la nécessité de contenir l'endettement de l'île. Le document parle à présent d'une contribution chypriote de 13 milliards d'euros, dont une large part (10,6 milliards) proviendra du démantèlement de la deuxième banque du pays, Laiki, et de la mise à contribution des déposants et des actionnaires dans la recapitalisation de la Bank of Cyprus (BoC).

Les besoins de financement de Chypre sont en effet passés de 17,5 à 23 milliards.

De l'enveloppe de la zone euro, 6,5 milliards seront destinés au service de la dette et aux besoins budgétaires. Ces derniers devraient s'élever à 3,4 milliards jusqu'en 2016. Pour trouver les 2,4 milliards qui la séparent encore de l'aide européenne et du FMI (1 milliard d'euros), l'île procédera notamment à des privatisations pour un montant total de 1,4 milliard d'euros. Le document fait également état d'une possible vente des réserves d'or, qui pourrait rapporter 400 millions d'euros. Un porte-parole de la Banque centrale chypriote aurait pourtant dit à CNBC que rien de tel n'était en discussion. Le montant levé par les taxes additionnelles (comme le taux d'imposition sur les sociétés qui passe de 10% à 12,5%) devrait atteindre 600 millions sur trois ans. Enfin, le document ouvre une brèche sur un possible roll-over portant sur un milliard d'euros de titres obligataires détenus par des investisseurs domestiques et qui arrivent à maturité pendant la période de programmation. Tout cela devrait permettre à la dette d'atteindre 104% du PIB d'ici 2020. À Dublin, les ministres devraient donner leur feu vert à ces documents avant celui des parlements nationaux. (EL)

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