Bruxelles, 11/04/2013 (Agence Europe) - La 9ème session plénière de l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne (AP-UpM) aura lieu vendredi 12 avril au siège du Parlement européen. Celui-ci en assure depuis un an la présidence avant de passer la main, pour un an, au président du parlement jordanien, Saed Hayel-Srour. La courte séance de vendredi, précédée jeudi par des réunions des commissions, permettra l'adoption de rapports élaborés sur les aspects politiques, économiques et culturels, environnementaux et énergétiques, et sur les femmes. Elle entendra le discours bilan du président sortant, Martin Schulz, et le discours programme de son successeur.
Les présidences sont assurées à un rythme annuel par les quatre membres du bureau (UE, Jordanie, Portugal et enfin, en 2015, le Maroc). Le bureau change tous les quatre ans mais le siège du Parlement européen au sein de cette instance est le seul durable. Tous les pays de l'UE (sauf le Royaume-Uni qui a clairement, dès les débuts, nié l'Assemblée) en sont membres, plus une série de pays européens non adhérents à l'UE (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Monaco et Monténégro). Les pays de la rive sud, dont la Palestine et Israël, en sont membres mais généralement peu actifs dans une Assemblée autrefois dominée par l'Égypte omniprésente, remplacée depuis par le Maroc et, dans une moindre mesure, la Jordanie. Les autres se limitant à une participation passive, sinon en représentation symbolique. Des débats vifs mais répétitifs - de l'aveu de nombre des présents - y ont lieu régulièrement sur la question palestinienne sans produire de résultats significatifs, souvent la copie des positions défendues « en bloc » par la délégation du Parlement européen toutes tendances confondues. On rappelle volontiers l'épisode de l'invasion de Gaza (« plomb durci »). L'APEM (sa dénomination de l'époque) avait mis beaucoup de temps à réagir à un tel événement central pour la région, par défaut de consensus.
L'Assemblée née de la transformation en octobre 1998 du Forum parlementaire euro-méditerranéen est une instance paritaire, même si son fonctionnement repose pour l'essentiel sur le Parlement européen au sein duquel un secrétariat ad hoc a été créé. La question des moyens humains et budgétaires est régulièrement posée sans aboutir à des résultats concrets pour sortir l'Assemblée de sa relative passivité accentuée par les bouleversements sur la rive sud depuis 2011. Elle demeure pour l'essentiel une virtualité malgré les efforts déployés cette année par le président en exercice, comme lors de la récente rencontre à Marseille, dans le souci de lui assurer une plus grande « visibilité » mais dans un contexte contrariant. L'absence du président français, François Hollande, qui devait y faire des annonces fortes sur l'engagement euro-méditerranéen, en a atténué la portée. Bien plus, l'absence de progrès dans une Union pour la Méditerranée en manque de projets effectifs laisse la scène dominée plus par les discours que par les résultats, sauf dans les dialogues féconds entre les collectivités territoriales sous l'égide du Comité des régions de l'UE et entre les acteurs économiques et sociaux et les sociétés civiles dont le Comité économique et social européen se propose d'être le porte-drapeau. (FB)