Bruxelles, 11/04/2013 (Agence Europe) - S'il soutient le plan de la Commission pour relancer l'industrie européenne, le Comité des régions insiste sur l'importance de la dimension territoriale.
Le Comité des régions apporte son soutien aux propositions du commissaire à l'Industrie, Antonio Tajani, mises sur la table à l'automne dernier (EUROPE n° 10707), pour contrer le déclin relatif du rôle de l'industrie européenne, et porter la part du secteur secondaire dans le PIB de l'UE, aujourd'hui tombée à moins de 16%, à 20% d'ici 2020. Les propositions de l'exécutif européen offrent non seulement une perspective globale pour l'investissement, mais elles s'attaquent à d'autres domaines clés tels que le marché unique, la politique pour les PME, et la politique de concurrence, s'est félicité son président, Ramón Luis Valcárcel, lors d'une conférence sur la politique industrielle organisée par le Comité, mercredi 10 avril à Bruxelles.
M. Valcárcel a toutefois souligné que le renforcement de la compétitivité de l'industrie européenne nécessite l'expertise d'autorités locales et régionales qui comprennent les problèmes et les défis réels dans les territoires de l'UE. Gérer la transformation industrielle et la reprise économique exige une approche territoriale intégrée qui repose sur l'existence de politiques efficaces dans des domaines tels que la cohésion, la concurrence, la recherche et l'innovation, et des compétences, estime le président du Comité. « On ne peut pas se permettre de continuer à avoir des approches séparées. En tant que dirigeants de régions, nous expérimentons cela tous les jours », a insisté M. Valcárcel, qui préside la région de Murcie, en Espagne.
« L'Europe a plus que jamais besoin de son économie réelle pour soutenir sa reprise économique. L'industrie européenne est la voie pour relancer la croissance et créer des emplois. Nous misons sur des actions de l'UE visant à promouvoir la réindustrialisation de l'Europe », a réaffirmé le commissaire Tajani, qui participait à la conférence. M. Valcárcel a souligné l'importance de la politique de cohésion, jugeant que la politique régionale est davantage axée sur les aspects cruciaux de la croissance industrielle, tels l'innovation dans la manière dont les entreprises produisent et fournissent, la modernisation des infrastructures, la formation et la qualification des travailleurs. « Pour ces raisons, si les villes et régions d'Europe peuvent compter sur des instruments adéquats, ils peuvent être la clé pour sauver et relancer notre industrie », a-t-il souligné, insistant sur l'importance des fonds de cohésion pour gommer les disparités intra UE concernant la part de l'industrie dans le PIB. Si la moyenne de l'UE est de 16%, cette part varie de 9,8% au Royaume-Uni à 26% en Slovaquie.
Le président de la région Picardie (France), Claude Gewerc, rédigera l'avis du Comité des régions sur la mise à jour de la politique industrielle proposée par la Commission à l'automne 2012. (EH)