Bruxelles, 10/04/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a épinglé, mercredi 10 avril, treize États membres présentant des déséquilibres macroéconomiques: la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, l'Espagne, la France, l'Italie, la Hongrie, Malte, les Pays-Bas, la Slovénie, la Finlande, la Suède et le Royaume-Uni (EUROPE n° 10823). Avec une inquiétude particulière pour les situations de la Slovénie et de l'Espagne, dont les déséquilibres peuvent être jugés excessifs. Si le rééquilibrage se poursuit au sein des Vingt-sept comme au sein de l'Eurozone, les « défis et les enjeux ne sont pas les mêmes de pays à pays », a expliqué Olli Rehn, commissaire chargé des Affaires économiques et monétaires. La Commission prévoit que, compte tenu de ces disparités, les écarts de croissance devraient persister dans les années à venir.
L'Espagne et la Slovénie, mauvais élèves. La Commission tire la sonnette d'alarme concernant Madrid et Ljubljana. En Espagne, les déséquilibres sont trop importants, estime M. Rehn, et des réformes supplémentaires seront nécessaires dans de nombreux domaines. Le vice-président de la Commission a salué les déclarations du Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, qui a promis un plan de réformes concrètes d'ici le 26 avril. La Commission tient compte des progrès engendrés dans le processus de réformes, mais l'agenda des mesures « reste incomplet » et sa mise en œuvre à la traîne. « Le niveau du chômage est très élevé, ce qui appelle à des actions décisives pour la croissance. » Le niveau élevé des dettes intérieure et extérieure constitue également un risque.
La Slovénie est dans une situation qui reste « gérable », mais elle doit agir de façon « rapide et déterminée », a jugé M. Rehn. Le nœud du problème se situe notamment dans l'endettement et le processus de désendettement des entreprises, son secteur bancaire et son manque de compétitivité. Ljubljana n'est en effet « pas en mesure d'attirer beaucoup d'investissements étrangers ». L'incertitude politique qu'a connue le pays l'a également empêché de prendre ses difficultés de front, dans un contexte de récession économique importante.
L'Italie et la France trop endettés. La dette publique italienne reste très lourde pour l'économie du pays, s'est inquiété le commissaire finlandais, surtout « dans un contexte où la croissance économique est basse », d'autant que « la confiance n'est pas bonne sur le marché ». Le gouvernement italien a d'ailleurs revu mercredi, ses projections à la hausse. La dette devrait atteindre 130,4% du PIB en 2013, contre les 126,1% précédemment établis. M. Rehn est par ailleurs optimiste que Rome quittera bientôt la procédure de déficit excessif. La France a également une dette publique trop élevée, conjuguée à de mauvais résultats en matière d'exportations. Paris « doit assainir ses finances publiques », a estimé M. Rehn, soulignant son impact direct sur l'ensemble de la zone euro.
Berlin peut mieux faire. L'Allemagne, qui échappe à l'examen, pourrait en faire davantage pour booster la demande intérieure. La Commission préconise des réformes structurelles, notamment pour ouvrir son marché des services, améliorer la participation des femmes sur le marché du travail et encourager la hausse des salaires en fonction de la productivité. Des progrès ont déjà été réalisés sur ce dernier point.
Dans les deux semaines à venir, les États devront soumettre à la Commission leur programme national de réformes et de stabilité, dont elle s'attend qu'ils s'appuient sur les conclusions présentées mercredi à Bruxelles, avant les recommandations spécifiques par pays le 29 mai prochain. (EL)