Bruxelles, 27/03/2013 (Agence Europe) - En vue d'un cadre pour l'énergie et le climat à l'horizon 2030, l'exécutif européen sonde les parties prenantes sur les options possibles pour accélérer le développement de la technologie de la capture et du stockage de carbone (CSC) en Europe.
En sus de son Livre vert sur le cadre des politiques climatique et énergétique à l'horizon 2030 (voir autre nouvelle), la Commission a adopté le 27 mars une communication consultative sur le CSC, technologie désignant un ensemble de techniques qui permettent de capter le dioxyde de carbone (CO2) émis par les installations industrielles utilisant des combustibles fossiles, de le transporter vers un site de stockage approprié et de l'emmagasiner dans des formations géologiques souterraines pour l'extraire de l'atmosphère. Dans le contexte d'une demande énergétique en hausse et susceptible d'être encore satisfaite en grande partie par les combustibles fossiles, la diffusion du CSC constituera probablement l'une des options nécessaires pour réduire les émissions de carbone, aux côtés des renouvelables, d'autres technologies sobres en carbone et des efforts en matière d'efficacité énergétique et d'économie d'énergie, rappelle l'exécutif européen.
Le rôle dévolu au CSC dans une stratégie économiquement avantageuse d'atténuation des effets du changement climatique a été confirmé par la feuille de route pour l'énergie à l'horizon 2050 et par la feuille de route vers une économie sobre en carbone à l'horizon 2050, publiées par la Commission en 2011.
La présente communication fait le point sur le développement du CSC et recense les obstacles qui ont empêché cette technologie de progresser dans l'UE au rythme initialement prévu en 2007. À l'heure actuelle, plus d'une vingtaine de projets de démonstration à petite échelle du CSC sont en cours dans le monde et donnent des résultats satisfaisants: deux sont en Norvège, mais aucun dans l'UE.
Plusieurs facteurs expliquent la difficile mise en œuvre des projets de démonstration envisagés dans l'UE, mais les principaux sont le manque d'arguments économiques à long terme et le coût de la technologie. Étant donné le prix actuellement très faible du carbone et en l'absence de toute autre contrainte juridique ou de toute autre incitation, les opérateurs économiques n'ont aucune raison d'investir dans le CSC. Certains projets envisageant un stockage terrestre ont suscité une vive opposition de l'opinion publique. S'il existe une capacité de stockage suffisante en Europe, elle n'est pas située à proximité des émetteurs de CO2 ou ne leur est pas accessible. Certains États membres ont décidé de limiter ou interdire le stockage de CO2 sur leur territoire. En outre, une infrastructure de transport appropriée est nécessaire pour raccorder les sources de CO2 aux puits.
La communication examine certaines des solutions possibles pour encourager la démonstration en temps utile et le déploiement rapide du CSC dans l'UE, et pour renforcer les arguments économiques à long terme en faveur de cette technologie. Les parties prenantes sont invitées à se prononcer d'ici juillet sur le cadre qu'ils jugeraient le plus propice à la démonstration et au déploiement immédiats du CSC, pour autant que la technologie se révèle commercialement et techniquement viable. (EH)