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Bulletin Quotidien Europe N° 10812
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) canada

Libre-échange, l'UE veut sceller un accord avant l'été

Bruxelles, 21/03/2013 (Agence Europe) - La Commission aimerait définitivement boucler ses négociations de libre-échange avec le Canada avant d'entamer ses pourparlers avec les États-Unis.

Selon un haut fonctionnaire européen cité par le média canadien The Canadian Press, l'UE souhaite boucler avant l'été ses négociations pour un accord économique et commercial avec le Canada, lancées en 2009. L'idée étant que les négociateurs de la Commission aient l'esprit libre pour entamer des discussions avec leurs homologues américains, discussions que Bruxelles et Washington aimeraient boucler endéans 24 mois. Les négociations UE/États-Unis seront « une pièce majeure du travail pour les deux parties, en particulier pour la Commission. Et cela nécessitera beaucoup d'attention politique », explique la source citée. En outre, estime-t-elle, les négociations à venir avec les États-Unis ne devraient pas affecter la capacité de l'exécutif européen à ficeler un accord final avec le Canada. « Il s'agit plus de savoir où le Canada veut se positionner par rapport à un processus de négociation qui prendra l'attention politique », ajoute le fonctionnaire, assurant qu'un accord conclu avec le Canada donnerait le ton pour le processus entre l'UE et les États-Unis.

Recevant le Premier ministre français, Jean Marc Ayrault, la semaine dernière à Ottawa, le Premier ministre canadien, Stephen Harper, a lui aussi souligné l'intérêt des parties à ficeler un accord avant que l'UE entame ses négociations avec les États-Unis. « Ce serait important pour les Européens d'avoir cette tête de pont au Canada en ce qui concerne ses propres ambitions pour un accord avec les États-Unis », notait-il. « Ce ne sera pas sans influence sur le plan des négociations à venir avec les États-Unis », reconnaissait M. Ayrault, citant l'agriculture et la propriété intellectuelle parmi les obstacles majeurs à la conclusion d'un accord avec Ottawa. « Les choses avancent très bien », assurait le chef du gouvernement français, précisant que « les questions les plus sensibles ont à voir avec des échanges équilibrés dans le secteur agricole ».

Après neuf rounds de négociations et deux réunions ministérielles, les pourparlers lancés en 2009 et entrés dans leur phase finale à l'automne 2012 patinent. Les exigences du Canada en matière agricole sont une des raisons de l'échec des parties à conclure, lors de la deuxième réunion entre le ministre canadien du Commerce, Ed Fast, et le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, début février à Ottawa. Leurs arbitrages (tradeoffs) ont en particulier buté sur le chapitre de l'accès au marché agricole: le Canada a une demande ambitieuse sur les contingents tarifaires pour ses exportations de bœuf et de porc, tandis que l'UE souhaite une ample ouverture du marché canadien pour ses produits laitiers (ses fromages). Mais, outre le chapitre agricole, d'autres questions d'importance pour la partie européenne sont également encore sur la table, dont les produits pharmaceutiques et l'accès aux marchés publics.

Le CETA vise à accroître de 20% un commerce bilatéral qui a atteint plus de 52,5 milliards d'euros pour les marchandises en 2011 et plus de 20 milliards d'euros pour les services en 2010, et à stimuler les flux d'investissements déjà importants entre les deux partenaires. Les stocks d'investissement de l'UE au Canada ont atteint 197,4 milliards d'euros en 2010, ceux du Canada dans l'UE 143,1 milliards d'euros. (EH)

 

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