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Bulletin Quotidien Europe N° 10812
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Pressés par le temps, les 17 examinent le 'plan B' de Nicosie

Bruxelles, 21/03/2013 (Agence Europe) - La zone euro a décidé, jeudi 21 mars, de prendre le pouls de Nicosie, le soir même, par vidéoconférence, a annoncé le Président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem via son compte Twitter. La Banque centrale européenne a établi un calendrier clair, jeudi matin, en annonçant sa décision de fournir des liquidités d'urgence ('Emergency Liquidity Assistance' ou 'ELA') jusqu'à lundi 25 mars. Passé ce délai, la poursuite de ces ELA ne pourra être « envisagée que si un programme UE-FMI qui assure la solvabilité des banques concernées » est en place.

L'annonce de cette vidéoconférence fait suite à la décision des autorités chypriotes d'abandonner l'idée d'une taxe sur les dépôts, rejetée mardi par le parlement chypriote, et de mettre en place un 'fonds d'investissement de solidarité'. Avec ce fonds, Nicosie espère lever les 5,8 milliards d'euros de ressources internes qui la séparent de l'aide européenne de 10 milliards d'euros. Un projet de législation devait être présenté au conseil des ministres chypriotes à 18h. Quant au financement de ce fonds, il pourrait venir notamment du Fonds de pension, de privatisations, d'émissions d'obligations sur les ressources gazières, selon une source chypriote.

Jeudi matin, M. Dijsselbloem, en baptême du feu au Parlement européen, a toutefois estimé que cette taxe sur les dépôts était « inévitable ». Nicosie doit apporter sa propre contribution au plan d'aide qui s'élèvera au total à 17 milliards d'euros. M. Dijsselbloem a expliqué que l'eurozone limitait sa contribution à 10 milliards pour ne pas compromettre la viabilité de la dette chypriote. La zone euro est « prête à faire tout ce qu'il faut pour venir en aide à Chypre », mais cela exclut un prêt plus important car Nicosie ne pourrait pas y faire face en termes de remboursement. Un prêt moscovite ne serait donc pas, en ce sens, non plus une solution.

L'épée de Damoclès qui se tient au-dessus de Nicosie est bel et bien une sortie de la zone euro, si un accord n'intervient pas avant mardi, comme l'a souligné une source européenne. Sans liquidités, Nicosie se retrouverait en effet contrainte d'imprimer sa propre monnaie. Ce scénario aurait par ailleurs été évoqué par le groupe de travail de l'Eurogroupe, l'Euro Working group, lors d'une vidéoconférence mercredi soir, à laquelle Nicosie n'aurait pas participé. Une sortie de l'euro « est hors de question », a déclaré la même source chypriote. Selon l'AFP, en plus d'un plan B crédible, il serait attendu de Nicosie qu'elle instaure un blocage sur une longue période des capitaux placés dans les banques afin d'éviter un bank run et qu'elle prépare une fusion entre les deux principales banques en difficultés. Deux source européennes ont anticipé que la vidéoconférence entre les ministres des Finances de la zone euro jeudi soir ne serait probablement pas conclusive. « Ce genre de décision se prend généralement physiquement », a déclaré l'une, alors que la seconde soulevait la difficulté de poursuivre les discussions à distance si elles traînaient en longueur.

Mea Culpa. Quant à la taxe sur les dépôts, « j'en assume la responsabilité en tant que président de l'Eurogroupe », a déclaré M. Dijsselbloem. Le Néerlandais a surtout regretté la « confusion dans laquelle l'annonce a été faite » et de ne pas avoir « plus communiqué » autour de cette taxe, qui aurait été injustement attribuée à une atteinte à la garantie des dépôts dans l'UE. « Cela s'apparente plus à une taxe sur la richesse », a-t-il estimé, ajoutant qu'il semblait juste de demander une contribution aux grands déposants non résidents, puisque la population chypriote serait pour sa part soumise à une cure de rigueur. Et de rappeler qu'un « vaste montant de l'argent dans les banques chypriotes est celui d'investisseurs, pas d'épargnants ». (EL)

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