Bruxelles, 21/03/2013 (Agence Europe) - Le rapporteur au Parlement européen sur le chalutage de fonds, Kriton Arsenis (S&D, grec), a soutenu, jeudi 21 mars, la proposition de la Commission européenne visant à supprimer en deux ans les engins les plus nocifs pour l'écosystème d'eau profonde, à savoir les chaluts de fond et les filets maillants de fond. L'abandon progressif des chaluts de fond et des filets maillants de fond au profit de palangres pour la pêche de stocks de poissons d'eau profonde constitue une évolution vers une pêche plus durable, selon la Commission, soutenue par le rapporteur. Au contraire, les eurodéputés français, espagnols et irlandais de la commission de la pêche du PE, estiment qu'une telle interdiction irait trop loin alors que la pêche en eaux profonde est déjà très réglementée et que les stocks des espèces d'eau profonde se portent mieux.
Le rapporteur, soutenu notamment par le groupe des Verts/ALE, les socialistes allemands, et des eurodéputés des pays nordiques, propose même de renforcer ou de préciser certaines dispositions de la proposition, en prévoyant l'interdiction des engins de fond à une profondeur égale ou supérieure à 400 mètres. La commission environnement du PE, dans son avis entériné mercredi, table même sur une interdiction des engins de fonds dès 200 mètres, ce qui a provoqué la colère des eurodéputés français, espagnols et irlandais de la commission pêche. « À travers ce texte, on voit bien la volonté d'interdire à terme toute forme de pêche au chalut, ce qui est dangereux pour nos économies », a lancé Alain Cadec (PPE). De plus, selon lui, « jamais une lotte ne mordra une palangre et les requins sont très vulnérables à ces engins ». Sur le vote en commission environnement, M. Cadec explique qu'« à 200 mètres, cela impacte quasiment la totalité des chalutiers ». Il défend le gel de l'empreinte, ce qui revient à ne plus pêcher dans de nouvelles zones. « L'interdiction n'est pas la solution. La pêche en eau profonde est déjà interdite là où existent des habitats sensibles », a dit l'Irlandais (ADLE) Pat the Cope Gallagher. Carmen Fraga (PPE, espagnole) a rappelé qu'au cours de la dernière décennie il y a eu une réduction de 50% de l'effort de pêche sur ces espèces. Du coup, les trois principaux stocks (lingue bleue, sabre noir et grenadier) se sont reconstitués.
Une nouvelle audition d'experts se tiendra, en juin, avant un vote en commission pêche en novembre. Les travaux sur ce dossier prennent du retard. Les ministres européens de la Pêche n'en ont pas encore parlé. (LC)