Bruxelles, 21/03/2013 (Agence Europe) - Linda McAvan (S&D, britannique), rapporteur sur la directive « tabac », soutient pleinement les propositions de la Commission européenne et ne se laissera pas influencer par les groupes de pression. À l'occasion d'un échange de vues entre les députés de la commission de l'environnement, de la santé et de la sécurité alimentaire du Parlement européen, le 21 mars à Bruxelles, la députée s'est montrée bien décidée à défendre le bien-être des citoyens et à ne pas se laisser infléchir par les arguments de l'industrie du tabac. « C'est évident qu'il y aura des procès. On s'y attend. Mais il faut continuer à défendre les citoyens et le bien public », a déclaré la Britannique.
Rappelant la nécessité d'actualiser la directive actuelle, qui date de 2001, le représentant de la Commission européenne a souligné l'obligation pour l'UE de respecter les engagements qui lui incombent suite à la signature de la convention cadre de l'OMS pour la lutte antitabac en 2005 et de disposer d'une législation cohérente. Par ailleurs, les pertes économiques liées à un fléchissement des ventes du tabac ne peuvent constituer un argument pour empêcher de légiférer, ce déficit devant être compensé par les économies qui seront réalisées en matière de soins de santé, a souligné le fonctionnaire, en insistant sur le budget conséquent actuellement consacré pour soigner les maladies liées à l'usage du tabac. Pour Linda McAvan, les jeunes sont la cible privilégiée de l'industrie du tabac, celle-ci multipliant la mise sur le marché de produits attractifs tant sur le fond (arômes et additifs sucrés) que sur la forme (emballages aux formes et couleurs séduisantes). La Commission propose de couvrir à raison de 75% les paquets de cigarettes, mais elle doit être claire sur la possibilité pour les États membres d'aller au-delà de cette limite, voire de proposer des emballages neutres a souligné Mme McAvan. En matière de cigarettes électroniques, il faudra considérer le texte avec beaucoup de vigilance. Conçues au départ comme un produit intermédiaire devant permettre aux fumeurs d'abandonner progressivement le tabac, les cigarettes électroniques ne doivent pas devenir, par effet de mode, un substitut à part entière chez les jeunes, a-t-elle fait remarquer. Un avis partagé par de nombreux députés qui demandent des dispositions équilibrées en matière d'e-cigarettes.
Globalement, la plupart des députés qui se sont exprimés soutiennent un texte fort, voire plus ambitieux que celui proposé par la Commission. Par exemple Satu Hassi (Verts, finlandais) et Martina Anderson (GUE, britannique) soutiennent l'obligation d'un emballage neutre et l'interdiction de tous les arômes sans exceptions. Des députés ont également déploré un manque de cohérence au PE qui, d'un côté défend un durcissement de la législation européenne en matière de produits du tabac mais d'un autre réintroduit les subventions aux producteurs de tabac dans la réforme de la PAC [Anna Rosbach (CRE, danoise), Peter Liese (PPE, allemand)]. Enfin, la question du commerce illicite a été soulevée à plusieurs reprises. Selon l'industrie du tabac, une directive trop sévère provoquera l'explosion des ventes de cigarettes illégales et la contrefaçon. Cet argument ne doit pas servir de prétexte: d'après Karl-Heinz Florenz (PPE, allemand), la moitié de la production des cigarettiers alimente déjà les filières illicites et, pour Linda McAvan, les marques actuelles sont déjà très facilement falsifiées. Des intervenants ont encore suggéré d'étendre l'interdiction des arômes aux cigarillos, de renforcer les campagnes de prévention auprès des jeunes, dans les écoles notamment, et plus de sévérité concernant les panneaux publicitaires dans les points de vente. (IL)