login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10795
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) chypre

Reprise rapide des négociations en vue d'un accord fin mars

Bruxelles, le 27/02/2013 (Agence Europe) - Fraîchement nommé, le nouveau ministre chypriote des Finances et ancien économiste de la Banque mondiale, Michael Sarris, devrait rencontrer les experts de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) dimanche 3 mars à Bruxelles, a appris EUROPE mercredi 27 février 2013 d'une source chypriote. La Commission européenne et la BCE n'étaient toutefois pas en mesure de confirmer cette information. Des rencontres bilatérales avec les ministres des Finances de la zone euro devraient également avoir lieu en marge de l'Eurogroupe, lundi 4 mars prochain.

Nicosie, dont les besoins financiers seraient assurés jusque mai selon le prédécesseur de M. Sarris, entend entériner une fois pour toutes un accord sur son plan d'aide courant mars. Pour cela, il lui reste à lever plusieurs obstacles comme, par exemple, la question de la mise à contribution éventuelle des épargnants en vue de réduire le fardeau de la dette chypriote. Si Nicosie est résolument opposée à un procédé qui irait à l'encontre de la constitution nationale, « certaines voix puissantes » en Europe réclameraient pourtant d'y avoir recours. Sur ce point, la BCE a envoyé un message positif. Benoît Cœuré, membre du directoire de l'Institut de Francfort, a refusé d'envisager une mise à contribution générale des déposants « compte-tenu des risques que cela poserait pour la stabilité financière », rapporte Reuters. Il n'a cependant pas exclu une implication des détenteurs de dépôts supérieurs à 100 000 euros, appelant à un « partage du fardeau approprié » pour assurer la pérennité de la dette publique chypriote.

Nicosie a une autre idée en tête pour garantir sa capacité à rembourser les prêts qui lui seront accordés et dont le montant total pourrait représenter la totalité du PIB chypriote. L'île voudrait que ce montant tienne compte des besoins en recapitalisation bancaire, estimés par la société Pimco à 5,98 milliards d'euros en se basant sur une conjoncture économique normale ('baseline scenario'). Si d'aventure un scénario plus sévère se réalisait, augmentant les besoins en recapitalisation bancaire à 8,66 milliards, Nicosie demanderait à combler ce trou via la recapitalisation directe par le Mécanisme européen de Stabilité (MES). La Commission ne veut pas s'engager dans ce sens pour le moment puisque les modalités de l'intervention du MES n'ont pas encore été arrêtées et la mise en place du mécanisme de supervision unique est requise alors que le superviseur européen sous l'égide de la BCE ne devrait pas être pleinement opérationnel avant mars 2014.

À noter que Nicosie et ses partenaires européens s'opposent sur la nécessité qu'une compagnie privée réalise un audit de l'application par Chypre de sa législation anti blanchiment, condition sine qua non à l'octroi d'une aide. L'Eurogroupe justifie le choix du secteur privé par le besoin d'aller vite, alors que les autorités chypriotes voient dans cette mesure un possible conflit d'intérêts. C'est pourquoi, l'île ambitionne de négocier que cet examen soit réalisé par un groupe mixte, composé d'experts institutionnels et privés.

Les agences divisées sur le sort de l'île. Si l'agence de notation financière Fitch voit en l'élection de Nicos Anastasiades une chance que les tractations relatives au plan d'aide aboutissent à un accord, Standard and Poor's considère que l'issue des négociations dépendra des choix politiques de l'Eurozone. Fitch estime que pour rendre la dette viable, le programme chypriote devra inclure les revenus des privatisations, alors que S&P envisage plutôt l'introduction d'une taxe sur les dépôts bancaires ou sur les transactions financières. Fitch a exclu un défaut, alors que S&P a mis en garde contre le risque grandissant d'une faillite. (EL)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
ÉDUCATION - RECHERCHE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°51