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Bulletin Quotidien Europe N° 10795
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) italie

Les taux à moyen et long termes remontent en flèche

Bruxelles, 27/02/2013 (Agence Europe) - À chaque soubresaut de la crise de la dette souveraine, les regards se tournent vers les taux d'intérêt fixés aux obligations souveraines des pays de l'Eurozone en difficulté, et au différentiel - le spread - entre les taux de ces pays avec le taux du Bund allemand.

Au lendemain de la publication des résultats des élections législatives italiennes qui ont fait replonger le pays et l'Eurozone dans l'incertitude (EUROPE n° 10794), le trésor italien a émis, mercredi 27 février, 6,5 milliards d'euros de titres italiens à 5 et 10 ans, à des taux et au ratio de couverture en forte hausse. 4 milliards d'obligations à 10 ans ont été vendues au taux de 4,83 % (contre 4,17 % lors d'une précédente émission obligataire similaire) et 2,5 milliards d'obligations à 5 ans ont été vendues au taux de 3,59 % (2,94% précédemment). Le niveau des taux à 10 ans est revenu à celui d'octobre 2012.

Dans la soirée, le Premier ministre italien, Mario Monti, l'un des principaux perdants des élections italiennes, et le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, ont fait le point de la situation politique en Italie et préparé le Conseil européen de printemps. Un communiqué devait être publié.

La veille, M. Barroso avait espéré que l'Europe ne succomberait pas à « la tentation du populisme en raison des résultats (d'élections) dans un État membre spécifique », rapporte Reuters. Les bons scores réalisés par le parti de M. Berlusconi et le mouvement de M. Grillo ont été interprétés comme le rejet par de nombreux Italiens des politiques d'austérité prônées au niveau européen. « Il est clair qu'après la plus grande crise financière dans la zone euro, il y a des décisions politiques très difficiles à prendre et à mettre en œuvre, et pour cela, il faut un leadership courageux et efficace », avait considéré le président de la Commission. Sur son compte Twitter, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a dit respecter le choix des Italiens et s'est dit « convaincu que le nouveau gouvernement italien va continuer sur le chemin de ses prédécesseurs ».

Pierluigi Bersani, le leader de la coalition pro-européenne de centre-gauche, a fait part de sa disponibilité à mener des consultations pour la formation d'un gouvernement. Prenant le contre-pied de M. Barroso, le leader social-démocrate au Parlement européen, l'Autrichien Hannes Swoboda, a soutenu les propositions de M. Bersani visant à réformer la politique italienne à travers des mesures qui incluent la réduction « des coûts de la sphère politique, la réforme de la loi électorale, des mesures fortes anti-corruption et sociales, la lutte contre l'augmentation de la pauvreté et visant à stimuler l'emploi ». Selon lui, l'élection italienne constitue « l'opportunité de sortir de l'impasse en Italie, et en Europe également, » en déclinant des politiques progressistes et plus justes. (MB)

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