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Bulletin Quotidien Europe N° 10795
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement durable

Vers un cadre réunissant les OMD post-2015 et Rio+20

Bruxelles, 27/02/2013 (Agence Europe) - À l'heure des cures d'austérité imposées à marche forcée et à l'heure où l'UE sabre dans l'aide aux plus démunis, la Commission européenne se fait le chantre du développement durable et de la vie décente pour tous à l'horizon 2030, dans le monde entier. C'est le credo qu'elle propose à l'UE de faire sien dans sa communication intitulée « Une vie décente pour tous, éradiquer la pauvreté et offrir au monde un avenir durable ». Adopté par le Collège sur initiative conjointe des commissaires Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement, et de Janez Potocnik, commissaire à l'Environnement, ce document jette les bases d'un cadre politique intégré pour réunir, dans une approche commune de l'UE, les objectifs de développement post-2015 et les objectifs du développement durable dont la conférence onusienne Rio +20 a entamé la formulation en juin dernier, et tenter de les faire converger au sein des Nations unies où les deux processus de réflexion sont actuellement séparés.

La Commission considère en effet que lutter contre l'extrême pauvreté qui frappe encore près de 1,3 milliard de personnes dans le monde, et réussir le développement durable, sont deux défis étroitement liés entre eux qu'il convient et qu'il est possible de relever de concert.

Pour ce faire, elle préconise que le cadre politique contienne un nombre limité d'objectifs clairs, non seulement quantitatifs, mais aussi qualitatifs tels que des normes en matière d'éducation, de nutrition, d'eau salubre et d'air pur définissant des conditions de vie décentes, soit un niveau de vie plancher en-dessous duquel nul ne devrait tomber à l'horizon 2030.

De l'avis d'Andris Piebalgs, qui s'exprimait, mercredi devant la presse, « réussir ce pari en une génération est à portée de main ». Le cadre proposé par la Commission repose sur cinq piliers: - un niveau de vie de base constituant un objectif clair en matière de développement humain ; - la croissance inclusive et durable impliquant notamment l'accès à l'éducation ; - la gestion durable des ressources naturelles permettant aux pays en développement de tirer parti de leur potentiel ; - l'égalité, l'équité et la justice, fondée sur la gouvernance démocratique et les droits humains ; - la paix et la sécurité.

« Il existe un consensus émergent sur le cadre post-2015: il faut se concentrer sur la mise en pratique, les objectif de développement doivent s'appliquer à chaque pays, à chaque citoyen. De nombreux pays n'étant plus des PMA, mais devenus des pays à revenus intermédiaires, comme la Chine, le Brésil et l'Inde, le financement doit évoluer pour tourner le dos à l'aide au développement au profit d'une coopération internationale. Le commerce et les investissements doivent monter en puissance », a expliqué le commissaire, qui est membre du groupe de haut niveau créé par Ban Ki-moon pour guider l'après 2015. Mais il convient aussi de parachever la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). « Il y a encore du travail à faire pour réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle et l'accès des populations aux installations d'assainissement », a souligné M. Piebalgs. Le commissaire a également invité les États membres de l'UE à respecter leur engagement d'allouer collectivement 0,7% du RNB à l'aide publique au développement. «0,7% c'est le strict minimum. Aujourd'hui, l'UE est à 0,42%. Elle doit tenir sa promesse, et la réduction des ressources de l'aide dans le projet de budget 2014-2020 aura pour effet que les États membres devront accroître leur propre budget de développement », a-t-il rappelé.

Janez Potocnik voit dans la communication de la Commission une initiative en faveur d'un cadre politique pour passer de la pauvreté à la prospérité et au bien-être dans les limites imposées par la planète, dans la paix et la sécurité. « Le cadre de l'après 2015 est en cours d'examen. Nous souhaitons formuler une réponse commune pour les deux volets de la discussion à New York, nous voulons développer un seul cadre universel pour l'après 2015 avec des objectifs globaux et des cibles nationales pour accroître l'appropriation par les pays. Un cadre global fondé sur un partenariat entre tous les pays », a-t-il indiqué

La communication sera débattue au Conseil et au Parlement au printemps, et l'approche commune de l'UE devra être prête pour la mi-2013, a indiqué le commissaire. Et si ce cadre politique a vocation à être universel, il sera porteur d'avancées dans l'UE car « il favorisera la bonne intégration des politiques de développement, de l'environnement et de la durabilité et sera un modèle pour nos partenaires internationaux ». Un rapport sur les objectifs de développement durable devrait être présenté à l'Assemblée générale des Nations unies d'ici à septembre 2014. Avec cette communication, l'UE prépare sa position. (AN)

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