Bruxelles, 13/02/2013 (Agence Europe) - Les autorités françaises commencent à préparer les esprits au fait que le respect par la France de l'objectif de réduction du déficit à 3% du PIB en 2013 risque de ne pas être tenu. La croissance française risque en effet d'être plus faible que prévu (0,8%).
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a jugé « probable » que cet objectif ne soit pas tenu, mercredi sur la chaîne Canal+. Plus nuancé, son homologue à l'Économie, Pierre Moscovici, a indiqué que « le calendrier n'(était) pas changé » tout en reconnaissant que le respect des objectifs était « difficile », sur les antennes de France info. Il a estimé que « l'austérité et la récession cumulées (n'étaient) des solutions ni pour l'Europe, ni pour la France ». Et de souligner l'effort « considérable » de réduction du déficit mis en place par le gouvernement français qu'il a situé, en structurel, « à 1,2 point de PIB en 2012 et 2,1 points de PIB en 2013 ». La veille, après la publication du rapport de la Cour des comptes française qui met en doute le respect de l'objectif budgétaire, le président français, François Hollande, avait considéré qu'il « ne (servait) à rien d'afficher des objectifs s'ils ne peuvent pas être atteints ».
La Commission européenne refuse, à ce stade, de commenter ces annonces. « Les services de la Commission travaillent sur les prévisions économiques d'hiver qui seront publiées le 22 février. À ce moment, nous aurons plus de visibilité sur les comptes français », a indiqué le porte-parole du commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn. Il a rappelé l'approche « constante et cohérente » de la Commission en matière budgétaire: « La situation de chaque État membre sera analysée sur la base des mêmes critères. Il faut mettre l'accent sur l'ajustement structurel en tenant compte de la situation macroéconomique et pas uniquement des objectifs nominaux même s'ils restent important. »
Parallèlement à la publication par la Commission des prévisions d'hiver, les États membres préparent leurs programmes de stabilité qu'ils notifieront mi-avril à l'échelon européen en même temps que leur programme de réformes économiques dans le cadre du 'Semestre européen'. Avant de s'exécuter, le gouvernement français présentera son programme au parlement national mi-mars. « Nous allons entamer un dialogue avec la Commission européenne », a promis M. Moscovici qui, lundi, à l'issue de l'Eurogroupe, avait souligné que la réflexion de la France était « prête ». « Je n'ai pas utilisé la question de l'euro fort pour réviser la prévision de croissance française », a-t-il souligné (EUROPE n° 10784). (MB)