Bruxelles, 01/02/2013 (Agence Europe) - Les écologistes saluent le projet de la Commission européenne visant à suspendre pendant deux ans l'utilisation de trois pesticides ou insecticides néonicotinoïdes (imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine) les plus nocifs pour la santé des abeilles mélifères (EUROPE n° 10776). Ce projet, est, à leurs yeux, un pas dans la bonne direction, mais c'est à une interdiction totale d'utiliser les néonicotinoïdes qu'ils appellent pour enrayer la disparition des abeilles en Europe.
« Nous saluons la proposition de la Commission de prendre rapidement des mesures réglementaires devant l'urgence de la situation. Néanmoins, au lieu d'une suspension partielle sur deux ans des insecticides néonicotinoïdes pour le coton, le tournesol, le maïs et le colza, nous demandons une interdiction totale. Lorsque la France a interdit le Gaucho en 1999, d'autres insecticides néonicotinoïdes ont pu encore être utilisés. Les populations d'abeilles continuant de décliner, la société productrice du Gaucho a tenté d'utiliser cet argument pour remettre en cause l'interdiction d'insecticides néonicotinoïdes. Nous devons éviter ce scénario en 2015 », déclare l'eurodéputée Sandrine Bélier (Verts/ALE, française). Au-delà des conclusions « sans équivoque » de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur le risque élevé des néonicotinoïdes pour les abeilles, les Verts/ALE rappellent que, dans son rapport sur le principe de précaution, l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) met en évidence les profondes lacunes des évaluations de risques et des systèmes de surveillance européens et nationaux qui permettent de longue date aux néonicotinoïdes d'affecter gravement les populations de pollinisateurs.
Greenpeace International juge, lui aussi, qu'au rythme auquel disparaissent les colonies d'abeilles, une interdiction partielle n'offre qu'une garantie très limitée. « Le projet de la Commission est un premier pas salutaire pour s'attaquer aux effets nuisibles des pesticides sur les abeilles, mais la Commission aurait dû recommander une interdiction plus large couvrant les utilisations des néonicotinoïdes dans tous les cas où l'EFSA a identifié un manque de données. Une action décisive pour protéger notre environnement naturel et la production agro-alimentaire en Europe s'impose », déclare Marco Contiero du bureau européen de Greenpeace. Selon le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), 84% des 264 principales plantes cultivées en Europe dépendent de la pollinisation, principalement par les abeilles, et c'est le cas pour 90% des plantes sauvages. (AN)