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Bulletin Quotidien Europe N° 10766
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) fraude

Les députés sceptiques sur les progrès de la lutte antifraude

Bruxelles, 17/01/2013 (Agence Europe) - Les députés européens tirent la sonnette d'alarme quant à l'utilisation abusive des fonds européens et la corruption qui est liée. Ils ont manifesté à la Commission et au Conseil leurs inquiétudes sur le manque d'efforts européens en la matière, et n'ont pas manqué de lier le débat à l'affaire Dalli.

La porte-parole du groupe S&D à ce sujet, Tanja Fajon (slovène), a rappelé qu' « encore plus en temps de crise financière et d'austérité, la corruption engendre peu de gagnants et des milliers de perdants. C'est une attaque contre la démocratie, contre laquelle nous devons nous battre ». Son homologue PPE, Véronique Mathieu (française), a regretté pour sa part que « les poursuites engagées par les autorités nationales pour détournement de fonds européens restent rares, alors que les fraudes et leurs montants restent conséquents. On estime à 1,7 milliard d'euros l'impact financier de la fraude et de la corruption dans l'Union européenne ». Argent qui, par conséquent, est perdu pour les projets à financer favorisant l'emploi ou la recherche.

La Commission a bien compris les inquiétudes des députés et mis en avant que la lutte contre la fraude et la corruption tant au niveau national et européen demeurait une priorité. Le commissaire Michel Barnier a rappelé les efforts de son institution à ce sujet, comme les initiatives liées à la stratégie antifraude, la protection pénale des intérêts financiers de l'Union, le Parquet européen ou encore l'attention portée à la corruption dans le cadre des marchés publics. Au nom de la présidence irlandaise, la ministre aux Affaires étrangères Lucinda Creighton a souligné un récent accord politique au Conseil pour amender le règlement de l'Office de la lutte antifraude (OLAF) (EUROPE n° 10744). Mais les députés se sont montrés très sceptiques sur les progrès engrangés par ces deux institutions. Jean Jacob Bicep (français), au nom du groupe des Verts/ALE a dit que « dans le cadre de notre future politique de cohésion, il est essentiel de réfléchir dès maintenant à un renforcement de la coopération policière et judiciaire et à la mise sur pied d'un procureur public européen ». Mme Mathieu a par ailleurs précisé qu'il y a « statistiquement moins de fraudes lorsque les fonds européens sont directement attribués par la Commission européenne à des régions ou certains secteurs », ce qu'elle encourage dès lors. (MD)

 

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