Bruxelles, 17/01/2013 (Agence Europe) - Dans une lettre adressée à José Manuel Barroso, plusieurs ONG rappellent à la Commission européenne son obligation de transparence, alors que plusieurs rencontres tenues secrètes auraient eu lieu les derniers mois entre plusieurs hauts fonctionnaires de l'Exécutif européen et des lobbyistes de l'industrie du tabac. En vertu de l'article 5.3 de la convention-cadre de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en matière de lutte anti-tabac, dont elle est signataire, l'Union européenne est tenue depuis 2011 de rendre publics les rendez-vous de son personnel avec les lobbies du tabac, rappellent les organisations ALTER-EU (Alliance pour une réglementation de transparence et d'éthique en matière de lobbying), Corporate Accountability International, EPHA (Alliance européenne pour la santé publique) et le Smoke-Free Partnership. Alors que la DG SANCO publie en ligne la liste des rencontres qu'elle organise avec l'industrie du tabac, les réunions organisées par le cabinet du président Barroso, le secrétariat général et d'autres départements de la Commission ne sont pas divulgées. « Ces rencontres secrètes sont particulièrement sujettes à controverse dans le contexte du scandale des lobbies du tabac du 'Dalligate', qui a mené à la démission du commissaire Dalli, dans des circonstances floues et contestées », ont déclaré les ONG dans un communiqué conjoint. Le mécontentement croît à l'égard de la Commission quant à sa gestion du dossier, alimenté par son refus de répondre à des questions-clés sur ce qui s'est réellement passé, ajoutent-elles. ALTER-EU préconise en outre une révision des règles de la Commission sur le lobbying, ce que cette dernière a rejeté jusqu'ici, déplore l'ONG. (IL)