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Bulletin Quotidien Europe N° 10766
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Syrie, l'UE appelée à s'engager davantage auprès des réfugiés

Bruxelles, 17/01/2013 (Agence Europe) - L'ONG Amnesty International a appelé, le 17 janvier, les Vingt-sept à s'engager davantage dans la crise des réfugiés syriens et à agir « maintenant », jugeant trop faible la réponse des pays de l'UE. Un appel lancé à destination des ministres de la Justice et de l'Intérieur qui se réunissaient informellement jeudi à Dublin et devaient à nouveau évoquer la situation humanitaire en Syrie et les moyens de soulager les populations réfugiées. En guerre depuis mars 2011, le pays a vu à ce jour environ 620 000 personnes fuir le pays et se réfugier au Liban, en Jordanie ou en Turquie. Au moins deux millions de personnes ont été déplacées dans le pays, selon des chiffres des Nations unies. L'hiver mais aussi de récentes inondations dans des camps de réfugiés en Jordanie compliquent encore plus la situation de ces personnes, s'inquiète Amnesty, qui a demandé aux pays de l'UE de s'investir davantage et d'apporter un soutien concret à ces milliers de personnes ayant fui leur pays.

A Dublin, le Haut-commissaire aux réfugiés de l'ONU, António Guterres, est venu délivrer le même message aux ministres présents et demander un engagement financier supplémentaire, a indiqué une source. Si l'UE a jusqu'ici versé près de 358 millions d'euros pour soulager les besoins de la population syrienne, le programme de protection régionale actuellement en cours d'élaboration et qui vise à faciliter la vie quotidienne des personnes ayant trouvé refuge dans les pays voisins, nécessite aussi de l'argent, en l'occurrence environ 1 milliard de dollars pour pouvoir venir en aide à jusqu'à un million de réfugiés syriens. C'est en juillet dernier à Nicosie, sous la présidence chypriote, que les ministres en charge des Affaires intérieures avaient commencé à débattre de leur réponse à la crise migratoire syrienne. En octobre dernier, ils avaient ensuite acté le principe de ce plan de protection régionale. Les États membres n'ont en revanche à ce jour arrêté aucun programme de réinstallation des réfugiés de la guerre en Syrie sur leur sol. À Dublin, M. Gutteres leur a pourtant demandé d'accueillir 500 personnes, identifiées comme étant particulièrement vulnérables, avec parmi elles quelques réfugiés palestiniens. La commissaire Cecilia Malmström a elle aussi appelé les États membres à accéder à cette requête, « ce qui serait un magnifique geste de solidarité », a-t-elle dit et cela d'autant plus que le nombre de personnes concernées par cette réinstallation reste modeste. Jeudi après-midi, aucun État membre n'avait encore adressé de réponse positive aux demandes de M. Gutteres et Mme Malmström, a précisé cette dernière. « J'espère que les États membres seront généreux », a encore dit la commissaire suédoise.

Les pays de l'UE ont, en tout cas, dû faire face ces derniers mois à une nette augmentation des demandes d'asile de ressortissants syriens et celles-ci reçoivent « à environ 93 % des réponses positives », indique une source. Si aucune politique globale n'a été ficelée au niveau de l'UE pour les ressortissants syriens, certains États membres leur accordent presque automatiquement la protection internationale mais le traitement « varie grandement entre les 27 », déplore à nouveau Amnesty International. Entre avril 2011 et octobre 2012, environ 23 500 Syriens ont déposé une demande d'asile dans l'UE et 15 000 l'ont été en Allemagne et en Suède, selon des chiffres d'Eurostat. Et la tendance s'est nettement accélérée depuis mai 2012, avec notamment près de 3 000 demandes déposées pour le seul mois de septembre, indique Eurostat. Pour l'organisation Human Rights Watch (HWR), il est ainsi urgent que les pays de l'UE s'entendent sur une approche commune en matière d'accueil des demandeurs d'asile syriens. Dans certains pays, ces demandeurs d'asile restent en effet soumis à la détention automatique, dénonce HRW dans un rapport, notamment en Grèce, à Chypre, en Bulgarie et même en Belgique selon l'organisation. "Alors que le nombre de Syriens cherchant une protection dans l'UE augmente, les États membres devraient envisager d'invoquer un régime de protection temporaire à l'échelle européenne", selon HWR, régime qui accorderait notamment aux Syriens un permis de séjour pour toute la durée de la période de protection, leur donnant l'autorisation de travailler, l'accès au logement et aux soins médicaux. (SP)

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