Bruxelles, 18/12/2012 (Agence Europe) - La Commission veut bien peser le pour et le contre pour les intérêts de l'industrie européenne avant d'attaquer les équipementiers de télécoms chinois ZTE et Huawei.
L'exécutif européen poursuit ses travaux d'investigation et sa quête de preuves de pratiques de dumping et de subventions perçues par les deux géants chinois des équipements de télécommunication.
« Nous suivons ce dossier de très près et poursuivons notre enquête. Nous devrons voir dans les prochaines semaines, sinon les prochains mois, quelle sera finalement l'étape décisive que nous prenons », a expliqué le commissaire Karel De Gucht, dans un entretien à la presse en marge de son voyage à Singapour le week-end dernier, et diffusé le 18 décembre par le Wall Street Journal. M. De Gucht a également assuré que ses services étaient en contact sur le dossier avec les autorités chinoises, non les entreprises elles-mêmes, sur « des concepts financiers qui nous font douter quant à l'égalité des chances dans ce secteur ».
Selon un document interne de l'exécutif européen, révélé par le quotidien Wall Street Journal du 7 décembre, l'enquête menée par les services de la DG Commerce conclut que les deux équipementiers télécoms chinois ont commercialisé à des prix inférieurs de 35 % à ceux du marché des équipements pour réseaux mobiles, occasionnant un préjudice aux industriels européens. Des prix cassés rendus possibles par le soutien financier préférentiel du gouvernement chinois via ses banques d'État.
Mais la Commission, comme les États membres, craignent le risque de représailles susceptibles de pénaliser les équipementiers européens sur le marché chinois, si l'UE décide d'imposer des droits de douane aux produits des équipementiers chinois. Huawei est le numéro deux mondial derrière le Suédois Ericsson, ZTE pointe au cinquième rang derrière le Finlandais Nokia Siemens et le Français Alcatel-Lucent. (EH)