Bruxelles, 18/12/2012 (Agence Europe) - Le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a présenté, mardi 18 décembre, trois rapports visant à alimenter la réflexion des ministres européens des Finances sur le meilleur policy mix en matière de réduction des déséquilibres macroéconomiques, de durabilité des finances publiques et de qualité des dépenses publiques. Selon lui, la réduction des excédents de compte courant dans les pays en surplus, comme l'Allemagne, contribue à réduire les déséquilibres mais n'est « pas une panacée » et, surtout, n'allège pas la pression en matière de réformes structurelles sur les pays en situation de déficit.
« Le rééquilibrage est en cours » au sein de l'Eurozone, a estimé M. Rehn: les pays en déficit poursuivent leur désendettement et les pays en excédent stimulent la demande intérieure, notamment à travers des augmentations salariales. Néanmoins, M. Rehn a nuancé l'effet d'un tel processus sur les économies du pays du sud de l'Europe ayant essuyé des pertes de compétitivité depuis leur adhésion à la zone euro. « L'impact ne devrait pas être surestimé. Ce n'est pas une panacée ni une solution miracle », a-t-il considéré, évoquant une « confusion » dans ce domaine parmi les décideurs politiques. Selon lui, l'accroissement de la demande intérieure en Allemagne bénéfice surtout à ses pays voisins, notamment d'Europe centrale et orientale, plutôt qu'aux pays du sud de l'Europe. Par conséquent, si l'effet d'une réduction des déséquilibres macroéconomiques est « souhaitable », il ne constitue « pas une alternative aux réformes structurelles dans les pays en déficit », a souligné le commissaire.
S'appuyant sur l'étude spécifique de ses services, M. Rehn a quand même vu d'un bon œil la stimulation de la demande intérieure dans les pays excédentaires. En Allemagne, la réduction des déséquilibres macroéconomiques vis-à-vis de l'Eurozone ne s'opère pas au détriment de la compétitivité de son économie vis-à-vis du reste du monde.
La Commission recommande donc la mise en place de réformes visant à insuffler davantage de flexibilité sur les marchés des produits et du travail. « Les réformes qui stimulent la compétitivité et suppriment les barrières peuvent aider » à réduire plus vite les déséquilibres, a en effet estimé M. Rehn. Le Conseil européen a invité la Commission à inclure dans son Examen 2014 de la croissance une évaluation des résultats obtenus sur les marchés du travail et des produits, le but étant de promouvoir l'emploi et la croissance.
Le rapport sur la durabilité des finances publiques identifie plusieurs défis à court, moyen et long termes. À court terme, les risques se sont atténués dans pratiquement tous les États membres, constate la Commission, alors que deux tiers des États membres avaient dépassé le seuil critique en 2009. Compte tenu de la pression exercée par les dépenses de santé et de retraite, une consolidation budgétaire supplémentaire de 4,75 % par rapport au PIB apparaît nécessaire pour que l'endettement moyen de l'UE repasse sous la barre des 60 % d'ici à 2030, un effort de 3 % étant attendu dans les deux années à venir. La répartition des efforts varie substantiellement selon la position budgétaire de chaque État membre. La dette publique dans l'UE demeurera à un niveau élevé. À très long terme, le vieillissement de la population impose des réformes, notamment des retraites, pour maintenir les finances publiques sur une trajectoire soutenable.
La Commission est d'avis que les États membres doivent faire davantage pour donner la priorité aux investissements publics porteurs de croissance, comme l'éducation, l'innovation et les partenariats public-privé. Le Pacte de stabilité et de croissance révisé tient déjà compte de cette notion, a assuré M. Rehn. Il a rappelé que la Commission explorait de nouvelles voies qui autoriseraient, sous conditions, une déviation temporaire de la trajectoire d'ajustement des finances publiques à moyen terme. (MB)