Bruxelles, 03/12/2012 (Agence Europe) - Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, et son homologue français, Pierre Moscovici, étaient auditionnés, lundi 3 décembre, par la commission des Affaires économiques et monétaires du PE sur la ligne politique des deux pays face aux défis qui se posent pour sortir de la crise de la zone euro et pour relancer la croissance en Europe.
Le premier a indiqué que son pays respecte actuellement les règles européennes sur le déficit budgétaire et s'est dit convaincu que les problèmes au sein de l'UEM doivent être résolus pas à pas de façon pragmatique. Selon le ministre allemand, il faut avancer à la fois sur le plan de la réduction de la dette, des réformes structurelles et de l'introduction des nouvelles règles financières et de supervision bancaire, en faisant attention, sur ce dernier volet, à ne pas élargir les clivages entre les membres de la zone euro et les autres États membres. Pour l'Allemagne, en effet, la réduction de la dette et la réalisation des mesures structurelles sont un préalable à une relance de la croissance. Face aux défis mondiaux et à la révolution technologique, l'Europe - selon Wolfgang Schäuble - ne pourra garder sa position qu'en réalisant les investissements pour l'innovation. Cela nécessite, au préalable, d'avoir assaini les finances publiques, réduit l'endettement et réalisé toutes les réformes structurelles qui s'imposent, a martelé le ministre allemand, ajoutant que ces sacrifices et ces mesures ne peuvent être acceptés par les différents pays sans « une pression suffisante ». D'où la nécessité d'une modification des traités dans un avenir proche, qui étende les pouvoirs de contrôle de l'Union sur les budgets nationaux. Selon lui, l'Allemagne est arrivée à rétablir la croissance en réduisant l'endettement et en faisant reprendre confiance aux marchés. C'est cette voie que doit suivre aussi la zone euro.
Ce message a été repris, même s'il l'a été de façon assouplie, par le ministre français, Pierre Moscovici, qui a résumé en trois axes - désendettement, compétitivité et Europe - la stratégie que son pays compte poursuivre pour réduire un déficit et une dette importants, relancer une croissance atone et récupérer son retard de compétitivité accumulé depuis dix ans par rapport aux concurrents. Concernant le premier volet - le désendettement - la France compte réduire son déficit budgétaire à 3 % dès 2013, inverser la courbe de la dette publique dès 2014 et rétablir l'équilibre structurel des comptes publics pour 2017. sur le second volet - la compétitivité - le ministre a annoncé 35 mesures (crédits d'impôts aux entreprises pour favoriser l'investissement et l'embauche, reforme du marché du travail) afin de changer profondément l'économie française et de relancer sa compétitivité endéans les 5 ans. Sur l'Europe la France se fixe quatre priorités: - la résolution de la situation des pays en difficulté: l'accord sur le déblocage des fonds à la Grèce, marque, selon le ministre français, un « tournant » et rétablit la confiance au sein de la zone euro. - l'Union bancaire: l'objectif de rompre le lien entre crise bancaire et crise souveraine doit être atteint en facilitant l'approbation d'ici la fin de l'année du cadre législatif en cette matière ; - le Pacte européen pour la croissance ; - la zone euro: la France propose notamment: une capacité budgétaire propre de la zone euro distincte du budget européen, financée par des ressources autonomes pour financer des actions dans des domaines clés comme la protection sociale, la compétitivité et un socle d'indemnisation chômage dans la zone euro ; l'émission de dette en commun dans la zone euro adossée éventuellement à cette capacité budgétaire ; le renforcement du contrôle démocratique des décisions prises par les parlements nationaux et le PE (un comité du PE avec rôle de co-législateur, un ministre incarnant la fonction exécutive au sein de la zone euro). (FG)